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Pendant des décennies, la douleur dans les couloirs de nos hôpitaux publics a souvent été une affaire atrocement silencieuse. En relançant la plateforme Chikaya Santé ce mois-ci, le ministère tente de briser cette fatalité systémique en offrant un mégaphone institutionnel inédit aux patients marocains. Ce dispositif national de traitement des réclamations, porté par le nouveau ministre Amine Tehraoui, ne se veut pas un simple guichet numérique de plus. Il s’érige comme un sismographe des dysfonctionnements hospitaliers, avec un enjeu humain vertigineux : rétablir une confiance profondément fracturée entre le corps social vulnérable et l’administration du soin.

Dans le silence feutré des conseils de gouvernement, une obsession domine désormais l’agenda : celle du chiffre. Un million. C’est le volume de postes que l’Exécutif s’est engagé à créer d’ici la fin de l’année 2026, érigeant la question de l’emploi en baromètre absolu de son succès politique. Mais alors que le sablier s’écoule, cette promesse solennelle, portée par le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, ressemble de plus en plus à une course contre la montre où chaque dixième de point de croissance est scruté comme une bouffée d’oxygène pour une cohésion sociale sous haute tension.

À l’aube de la session printanière du dialogue social, prévue à la mi-avril, l’architecture institutionnelle bâtie par le gouvernement vacille sous le poids d’une réalité économique abrupte. Pris en étau entre la flambée des cours mondiaux de l’énergie et des promesses structurelles inachevées, l’exécutif aborde son ultime round de négociations de fin de mandat face à des centrales syndicales pour qui la patience n’est plus une option.

La nouvelle est tombée comme un couperet sur les rives du fleuve Niger : Bamako vient de rompre avec des décennies de dogmatisme diplomatique. En retirant sa reconnaissance à la fiction séparatiste de la « rasd », le Mali ne fait pas que s’aligner sur la vision de Rabat ; il acterait, selon les termes d’une déclaration historique ce 10 avril 2026, une volonté de stabilisation irréversible d’un Sahel en pleine recomposition.

En diplomatie, la répétition n’est jamais un bégaiement ; elle est le signe d’un alignement structurel qui se fige. La visite à Rabat du ministre néerlandais des Affaires étrangères, Tom Berendsen, ces 7 et 8 avril, n’avait pas vocation à créer la surprise, mais à ancrer une conviction. En réaffirmant que le plan d’autonomie marocain constitue la solution la plus réalisable au différend du Sahara, les Pays-Bas ne se contentent pas de suivre un mouvement diplomatique : ils écrivent un nouveau chapitre de la Realpolitik européenne vis-à-vis du Royaume.

Face à l’impasse d’un référendum jugé caduc, Rabat déploie son offre d’autonomie comme unique levier de stabilité régionale. Ce plan résout l’antinomie entre souveraineté et autodétermination par une décentralisation poussée, transformant le conflit en un pôle de gouvernance moderne.

C’est devenu un rituel aussi prévisible que lassant sur les rives de la Seine. Après avoir tenté de gâcher la torpeur estivale du Royaume en août 2025 avec une série d’articles au titre aussi accrocheur que nébuleux — « L’énigme Mohammed VI » —, le quotidien Le Monde s’apprêterait à remettre le couvert. Selon les informations qui circulent, cette enquête journalistique, signée par les plumes Christophe Ayad et Frédéric Bobin, serait étirée, remaniée et cartonnée pour finir en tête de gondole des librairies françaises courant 2026. Une opération de recyclage éditorial qui, si elle se confirme, en dirait moins sur le Maroc que sur la névrose tenace d’une certaine élite parisienne face à une Monarchie qui a l’outrecuidance de ne plus demander la permission.

Le 6 avril prochain, lorsque la cloche de la Bourse de Casablanca sonnera l’ouverture du Marché à Terme, elle ne marquera pas seulement le début d’une séance de cotation. Elle sonnera le glas d’une époque révolue : celle d’un capitalisme marocain prudent, bancarisé, presque frileux, qui préférait la rente de la pierre à la fureur des marchés.

Battre monnaie sous forme de bits n’est pas une simple mise à jour logicielle, c’est un acte de haute politique. En lançant l’e-Dirham, le Royaume verrouille sa souveraineté face aux algorithmes apatrides. Mais ce pacte reste inachevé : tant que le cadre légal n’est pas scellé, l’indépendance numérique demeure une promesse en attente de son armure.

Jamais la coopération n’a été aussi dense, des frontières aux chantiers du Mondial 2030. Pourtant, dans les chancelleries, l’euphorie laisse place à une vigilance froide. La dépendance de l’agenda bilatéral à la survie politique de la coalition espagnole actuelle pose une question crue : notre partenariat stratégique est-il structurel ou conjoncturel ?