L’année 2025 restera gravée comme celle du basculement définitif vers une police de l’ère numérique, pilotée par la vision d’Abdellatif Hammouchi. La Direction Générale de la Sûreté Nationale ne se contente plus de réagir au crime, elle le prévient par la data et la maîtrise du territoire numérique. Ce changement de paradigme se lit d’abord dans la production documentaire massive qui sécurise l’identité des citoyens, avec plus de 3,6 millions de Cartes Nationales d’Identité Électroniques (CNIE) délivrées cette année. Cette infrastructure d’identité est la clé de voûte de la confiance numérique, permettant par ailleurs de lutter efficacement contre la fraude aux moyens de paiement qui a tout de même tenté de siphonner près de 15 millions de dirhams, une hémorragie endiguée grâce à la saisie de supports électroniques sophistiqués.
Sur le terrain de la criminalité classique, l’étau se resserre. Les indicateurs de 2025 révèlent une baisse notable des crimes violents qui impactent le sentiment de sécurité, fruit d’une présence policière accrue et ciblée. La lutte contre les réseaux criminels a été particulièrement intense, aboutissant au démantèlement de 1 112 structures mafieuses et à l’arrestation de 1 737 individus, une pression constante qui a également permis de saisir un arsenal logistique comprenant 166 véhicules. Cette offensive s’est accompagnée d’une vigilance accrue sur les frontières, où 34 211 tentatives de migration irrégulière ont été avortées, impliquant pour une part significative des ressortissants étrangers, confirmant le rôle du Maroc comme verrou stratégique régional.
Mais c’est dans la préparation des grands rendez-vous sportifs que la DGSN a déployé sa réforme la plus visible. En prévision de la CAN 2025 et du Mondial 2030, l’institution a intégré la sécurité au cœur même des infrastructures sportives. Désormais, chaque stade accueillant des compétitions continentales dispose de son propre commissariat de police et d’une salle de commandement dédiée, permettant une gestion en temps réel des foules et une application immédiate de la loi. Cette doctrine de la « sanctuarisation des stades » s’accompagne d’une lutte sans merci contre la cybercriminalité, notamment l’extorsion sexuelle qui marque un recul de 5 % grâce à l’interpellation de 89 prédateurs numériques. Sur le front de l’antiterrorisme, la vigilance reste maximale avec 21 individus déférés devant la justice par la BNPJ, rappelant que la sécurité est un combat permanent qui ne souffre aucun relâchement.










