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Souveraineté
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L’heure de la diplomatie des tubes a sonné. En annonçant la signature imminente de l’accord intergouvernemental liant treize capitales ouest-africaines, Rabat et Abuja ne se contentent plus de tracer des lignes sur des cartes d’état-major. Ils forgent, par le droit et l’acier, le corridor énergétique le plus ambitieux du continent. Un pari à 25 milliards de dollars destiné à fracturer l’enclavement du Sahel, à relier le golfe de Guinée à l’Europe, et à imposer l’Afrique comme l’acteur souverain de sa propre destinée industrielle.
Le temps des éléphants blancs est révolu. En substituant la fluidité des navires gaziers au mirage du béton, le Maroc consacre le triomphe d’une macroéconomie agile sur l’hubris des chantiers pharaoniques.
À Paris, le Maroc abat la carte du GNL modulaire. Un pragmatisme souverain qui transforme l’urgence de l’approvisionnement en une implacable arme de séduction financière.
Face à l’implacable couperet de la taxe carbone européenne, le Maroc abat sa carte maîtresse. Le gaz naturel liquéfié s’impose comme un bouclier implacable pour sauver la compétitivité de son industrie.
L’innovation sans protection n’est qu’une dépossession. Alors que la finance se dématérialise, le Maroc érige la donnée en sanctuaire de souveraineté. Entre l’exigence d’un Cloud souverain et le rempart d’une IA éthique, le Royaume refuse de livrer l’intimité de ses citoyens aux algorithmes étrangers. Décryptage d’une lutte invisible pour le contrôle de notre mémoire financière
Le grand basculement a lieu sous nos yeux, loin du fracas des armes et des vieilles diplomaties. Au carrefour d’une Afrique en pleine explosion démographique et d’une Europe en quête de boussole stratégique, le GITEX Africa 2026 consacre la naissance d’une nouvelle doctrine d’État. Fini le temps où le continent se contentait de consommer passivement les algorithmes conçus ailleurs. En fusionnant ses infrastructures de cloud national, une diplomatie continentale agressive et une maîtrise naissante de l’intelligence artificielle, le Royaume s’érige en architecte d’une souveraineté arabo-africaine inédite. Plongée dans la tectonique des plaques de l’économie de la donnée, là où le Maroc invente son futur.
Jusqu’à ce lundi 6 avril 2026, le Maroc importait chaque goutte de son gaz carbonique alimentaire. En annonçant un investissement massif de 500 millions de dirhams pour capter et liquéfier les émissions de sa raffinerie casablancaise, le géant sucrier ne se contente pas de verdir son bilan carbone. Il s’empare d’un marché stratégique et redessine la grammaire de l’industrie nationale : la pollution d’hier est officiellement devenue la matière première de demain.
Le 6 avril prochain, lorsque la cloche de la Bourse de Casablanca sonnera l’ouverture du Marché à Terme, elle ne marquera pas seulement le début d’une séance de cotation. Elle sonnera le glas d’une époque révolue : celle d’un capitalisme marocain prudent, bancarisé, presque frileux, qui préférait la rente de la pierre à la fureur des marchés.
Battre monnaie sous forme de bits n’est pas une simple mise à jour logicielle, c’est un acte de haute politique. En lançant l’e-Dirham, le Royaume verrouille sa souveraineté face aux algorithmes apatrides. Mais ce pacte reste inachevé : tant que le cadre légal n’est pas scellé, l’indépendance numérique demeure une promesse en attente de son armure.
Dans une conjoncture mondiale où la maîtrise des matières premières dicte la puissance des nations, le Maroc pose un nouveau jalon de son autonomie industrielle. CDG Invest Management, bras armé financier de l’État, a scellé ce jeudi à Rabat une alliance stratégique avec le groupe indien Samta. En entrant au capital de Samta Metals & Alloys via son fonds Nama Fund I, l’institution ne se contente pas d’investir : elle structure une filière locale de recyclage du cuivre et de l’aluminium, vitale pour les écosystèmes automobile et électrique du Royaume.
Le 24 juillet 2025, lors d’une audience avec le ministre délégué chargé de l’Investissement, Karim Zidane, LG Energy Solution (LGES) et le conglomérat chinois Yahua Group ont scellé un protocole d’accord pour investir 5,5 milliards de dirhams dans une unité de raffinage de lithium. Classé « projet stratégique » par la huitième Commission nationale des investissements, ce chantier s’inscrit dans la feuille de route du Maroc pour devenir fournisseur de référence des géants de la voiture électrique. L’opération illustre la tension entre ouverture aux capitaux étrangers et impératif de maîtrise technologique et environnementale.
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