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Jusqu’à ce lundi 6 avril 2026, le Maroc importait chaque goutte de son gaz carbonique alimentaire. En annonçant un investissement massif de 500 millions de dirhams pour capter et liquéfier les émissions de sa raffinerie casablancaise, le géant sucrier ne se contente pas de verdir son bilan carbone. Il s’empare d’un marché stratégique et redessine la grammaire de l’industrie nationale : la pollution d’hier est officiellement devenue la matière première de demain.

Dans une conjoncture mondiale où la maîtrise des matières premières dicte la puissance des nations, le Maroc pose un nouveau jalon de son autonomie industrielle. CDG Invest Management, bras armé financier de l’État, a scellé ce jeudi à Rabat une alliance stratégique avec le groupe indien Samta. En entrant au capital de Samta Metals & Alloys via son fonds Nama Fund I, l’institution ne se contente pas d’investir : elle structure une filière locale de recyclage du cuivre et de l’aluminium, vitale pour les écosystèmes automobile et électrique du Royaume.

Le 24 juillet 2025, lors d’une audience avec le ministre délégué chargé de l’Investissement, Karim Zidane, LG Energy Solution (LGES) et le conglomérat chinois Yahua Group ont scellé un protocole d’accord pour investir 5,5 milliards de dirhams dans une unité de raffinage de lithium. Classé « projet stratégique » par la huitième Commission nationale des investissements, ce chantier s’inscrit dans la feuille de route du Maroc pour devenir fournisseur de référence des géants de la voiture électrique. L’opération illustre la tension entre ouverture aux capitaux étrangers et impératif de maîtrise technologique et environnementale.

Critical Mineral Resources (CMR) mise sur un gisement superficiel de cuivre dans la région de Tizert pour lancer son projet Copper Sed. Portant l’ambition de conjuguer exploitation à faible coût et haut rendement, cette initiative britannique s’insère dans une conjoncture mondiale où la demande en cuivre se nourrit de la transition énergétique. Entre promesses d’emplois locaux et défis réglementaires, l’opération jette une lumière crue sur l’équilibre délicat entre investissements étrangers et maîtrise de la ressource nationale, dans un Maroc en quête de diversification économique.

En présentant ce 11 juillet à Casablanca son Pôle technologique ministériel, Nizar Baraka ne s’est pas contenté de dresser les contours d’une réforme administrative : il a posé les fondations d’un Maroc technologiquement autonome, capable de produire ses propres solutions en génie civil, hydraulique et équipements publics. Sous la bannière de la Vision 2040, ce regroupement stratégique vise à dépasser la dépendance aux fournisseurs étrangers, et à ancrer les compétences locales au cœur de l’action publique.