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Fini le temps du saupoudrage. En lançant officiellement l’offre « Startup Venture Building » ce jeudi, le Maroc ne se contente pas d’injecter des liquidités : il change de logiciel. Avec 700 millions de dirhams sur la table, la stratégie nationale Digital Morocco 2030 ambitionne de transformer l’écosystème tech en une véritable usine à champions. Analyse d’un pivot tectonique.

Le 24 juillet 2025, lors d’une audience avec le ministre délégué chargé de l’Investissement, Karim Zidane, LG Energy Solution (LGES) et le conglomérat chinois Yahua Group ont scellé un protocole d’accord pour investir 5,5 milliards de dirhams dans une unité de raffinage de lithium. Classé « projet stratégique » par la huitième Commission nationale des investissements, ce chantier s’inscrit dans la feuille de route du Maroc pour devenir fournisseur de référence des géants de la voiture électrique. L’opération illustre la tension entre ouverture aux capitaux étrangers et impératif de maîtrise technologique et environnementale.

À moins de cinq mois de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2025), le Maroc a officialisé la livraison du stade Moulay Abdellah de Rabat pour le 31 juillet et celle du Grand Stade de Tanger pour le 15 août. Ces échéances, intégrées à un plan d’investissements chiffré à 150 milliards de dirhams, s’appuient sur des partenariats public-privé et sur le développement des liaisons ferroviaires à grande vitesse. Mais entre la quête d’un héritage sportif durable et les impératifs de rentabilité, l’enjeu dépasse la seule dimension technique : il s’agit de tester la cohérence d’une stratégie qui se projette déjà vers la Coupe du Monde 2030.

Critical Mineral Resources (CMR) mise sur un gisement superficiel de cuivre dans la région de Tizert pour lancer son projet Copper Sed. Portant l’ambition de conjuguer exploitation à faible coût et haut rendement, cette initiative britannique s’insère dans une conjoncture mondiale où la demande en cuivre se nourrit de la transition énergétique. Entre promesses d’emplois locaux et défis réglementaires, l’opération jette une lumière crue sur l’équilibre délicat entre investissements étrangers et maîtrise de la ressource nationale, dans un Maroc en quête de diversification économique.

En présentant ce 11 juillet à Casablanca son Pôle technologique ministériel, Nizar Baraka ne s’est pas contenté de dresser les contours d’une réforme administrative : il a posé les fondations d’un Maroc technologiquement autonome, capable de produire ses propres solutions en génie civil, hydraulique et équipements publics. Sous la bannière de la Vision 2040, ce regroupement stratégique vise à dépasser la dépendance aux fournisseurs étrangers, et à ancrer les compétences locales au cœur de l’action publique.