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Bank Al-Maghrib
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La synchronisation fut parfaite. Ce lundi 6 avril 2026, au moment même où les premiers contrats du « Future MASI 20 » s’échangeaient sur les terminaux de la Bourse de Casablanca, les autorités financières actaient la mise en ligne du portail de l’Instance de Coordination du Marché à Terme (ICMAT). Derrière cette double annonce se cache le véritable moteur de la réforme : une architecture de surveillance inédite, où la Banque Centrale et le gendarme de la Bourse s’allient pour sanctuariser le risque systémique.
Le FMI valide la robustesse de la croissance marocaine, portée par l’agilité des métiers mondiaux et une demande interne retrouvée. Pourtant, l’institution exhorte le Royaume à muscler ses réserves budgétaires pour conjurer les chocs futurs tout en résorbant un chômage endémique.
Le 6 avril prochain, lorsque la cloche de la Bourse de Casablanca sonnera l’ouverture du Marché à Terme, elle ne marquera pas seulement le début d’une séance de cotation. Elle sonnera le glas d’une époque révolue : celle d’un capitalisme marocain prudent, bancarisé, presque frileux, qui préférait la rente de la pierre à la fureur des marchés.
Dans la gravité studieuse des départements techniques de Bank Al-Maghrib, une révolution sans emphase se dessine, loin de la volatilité toxique des crypto-actifs privés. Le Royaume fixe les contours de sa propre Monnaie Numérique de Banque Centrale (MNBC), un projet qui dépasse la simple dématérialisation pour s’affirmer comme le nouveau sismographe d’une souveraineté monétaire refusant de s’effacer devant les algorithmes apatrides. Pourtant, derrière la précision du code, l’absence d’un cadre légal finalisé agit comme un frein invisible, transformant ce qui devait être un sprint technologique en une course de fond administrative.
L’introduction d’une Monnaie Numérique de Banque Centrale (MNBC) au Maroc ne se fera pas sans une remise en question brutale des privilèges établis et des équilibres bilanciels. Derrière l’élégance technologique de l’e-Dirham se cache une problématique vitale, presque existentielle pour le secteur privé : celle de la désintermédiation. Si le citoyen peut désormais loger ses avoirs directement auprès de la Banque Centrale, quel rôle restera-t-il pour les banques commerciales ? C’est une bataille pour la liquidité qui s’engage sous nos yeux, où chaque dépôt devient une ligne de front. Pourtant, ce séisme annoncé semble aujourd’hui contenu par une inertie bienvenue : le cadre légal, encore en gestation, offre aux banques de la place un sursis inespéré pour réinventer leur utilité avant que le code ne devienne la loi.
Le Maroc n’est pas le premier pays à rêver d’une monnaie codée, mais il pourrait être l’un des rares à réussir son intégration sans fracturer son tissu social ou fragiliser sa souveraineté. En scrutant avec une érudition chirurgicale les échecs relatifs de l’e-Naira au Nigeria et l’omniprésence hégémonique du e-CNY en Chine, Rabat affine sa propre « troisième voie ». Ce benchmark international révèle un Royaume qui refuse de copier servilement les modèles globaux, préférant les adapter aux réalités nerveuses d’une économie émergente, tout en acceptant que sa propre régulation prenne le temps de la maturité législative avant de franchir le pas définitif.
Battre monnaie sous forme de bits n’est pas une simple mise à jour logicielle, c’est un acte de haute politique. En lançant l’e-Dirham, le Royaume verrouille sa souveraineté face aux algorithmes apatrides. Mais ce pacte reste inachevé : tant que le cadre légal n’est pas scellé, l’indépendance numérique demeure une promesse en attente de son armure.
L’adoption finale du Budget 2026 marque un tournant moins comptable que civilisationnel pour l’économie du Royaume. En introduisant un mécanisme d’autoliquidation de la TVA sur les produits de récupération, le législateur ne cherche pas seulement à remplir les caisses de l’État ; il pose les jalons d’une « Doctrine de Transparence » visant à ramener les circuits de l’ombre vers la lumière de la forme. Un pari sur la dignité économique qui bouscule les rentes établies sans jamais rompre l’équilibre institutionnel.
Oubliez la nostalgie poussiéreuse ; parlons d’esthétique régalienne. Cette année, le « Pourpre de la Banque » — ce billet de deux cents dirhams qui incarne la solidité de nos échanges — se voit défié par un rival impalpable : l’e-Dirham. Mais entre le faste d’une monnaie que l’on palpe et l’épure d’un code que l’on télécharge, le cœur des Marocains balance. Surtout quand le « clic » libérateur attend toujours son sceau législatif pour devenir une réalité de comptoir.
Les marchés espéraient un geste, le patronat le réclamait, et la baisse de l’inflation le justifiait en théorie. Pourtant, le Wali de Bank Al-Maghrib a choisi l’immobilisme stratégique. Derrière ce maintien du taux directeur à 2,25 %, se joue une partie d’échecs complexe entre la nécessité de financer les grands chantiers et l’impératif absolu de préserver la valeur du dirham.
Les marchés financiers montrent une stabilité relative malgré des nuances dans les différents segments. Les acteurs économiques restent attentifs aux évolutions futures, notamment à la politique de Bank Al-Maghrib et aux prochaines adjudications du Trésor qui pourraient influencer les tendances à venir.
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