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L’introduction d’une Monnaie Numérique de Banque Centrale (MNBC) au Maroc ne se fera pas sans une remise en question brutale des privilèges établis et des équilibres bilanciels. Derrière l’élégance technologique de l’e-Dirham se cache une problématique vitale, presque existentielle pour le secteur privé : celle de la désintermédiation. Si le citoyen peut désormais loger ses avoirs directement auprès de la Banque Centrale, quel rôle restera-t-il pour les banques commerciales ? C’est une bataille pour la liquidité qui s’engage sous nos yeux, où chaque dépôt devient une ligne de front. Pourtant, ce séisme annoncé semble aujourd’hui contenu par une inertie bienvenue : le cadre légal, encore en gestation, offre aux banques de la place un sursis inespéré pour réinventer leur utilité avant que le code ne devienne la loi.

Il y a longtemps que le financement de l’innovation au Maroc souffre d’un malentendu : on a cru qu’il suffisait d’ouvrir les vannes du crédit pour voir fleurir des licornes. En lançant conjointement un Bootcamp d’entrepreneuriat et d’innovation à Casablanca, CIH Bank et la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) viennent corriger cette myopie. Analyse d’une initiative qui prouve que le véritable capital d’une startup n’est pas (que) financier.

C’est un mouvement stratégique qui en dit long sur l’évolution de la doctrine prudentielle au sein du cheval blanc. Réuni ce mercredi 17 décembre sous la présidence de Naziha Belkeziz, le Conseil d’Administration de la Banque Centrale Populaire a acté la nomination d’Adil Rzal au poste névralgique de Directeur Général en charge des Risques Groupe. En propulsant cet ingénieur de formation, passé par la banque d’affaires et la gestion régionale, à la tête de la fonction la plus critique de la banque, le groupe mutualiste fait le choix de la transversalité.

Les marchés espéraient un geste, le patronat le réclamait, et la baisse de l’inflation le justifiait en théorie. Pourtant, le Wali de Bank Al-Maghrib a choisi l’immobilisme stratégique. Derrière ce maintien du taux directeur à 2,25 %, se joue une partie d’échecs complexe entre la nécessité de financer les grands chantiers et l’impératif absolu de préserver la valeur du dirham.

Il y a les banques qui subissent la conjoncture et celles qui la dictent. À la lecture des indicateurs arrêtés au 30 septembre 2025, CIH Bank confirme son appartenance à la seconde catégorie. En affichant un Résultat Net Part du Groupe (RNPG) de 862,3 millions de dirhams, en bond de 31,2 %, l’établissement dirigé par Lotfi Sekkat ne se contente pas de surperformer le marché : il valide la pertinence de son modèle de « banque plateforme ». Décryptage d’un trimestre où la mécanique commerciale a tourné à plein régime.

C’est une reconfiguration majeure de l’architecture financière nationale qui se joue actuellement, loin des fracas médiatiques habituels mais avec une précision industrielle. La validation par le Conseil de la Concurrence du projet d’acquisition par Lana Cash d’une partie du fonds de commerce du Centre Monétique Interbancaire (CMI) marque le franchissement d’un cap décisif pour la filiale de CIH Bank. En s’emparant des contrats commerçants, l’établissement ne se contente plus d’émettre des moyens de paiement pour la jeunesse connectée, il verrouille désormais l’autre extrémité de la chaîne de valeur : le terminal d’encaissement.

C’est une présence qui en dit long sur la mutation du métier bancaire. En investissant les allées du GITEX Africa 2025 à Marrakech, CIH Bank ne s’est pas contentée d’exposer ses dernières applications mobiles. L’établissement a profité de la grand-messe de la tech africaine pour sceller un pacte avec l’avenir, matérialisé par des alliances stratégiques avec le monde académique et l’univers des startups. Analyse d’une stratégie où la banque ne cherche plus à innover seule, mais à orchestrer l’innovation collective.