Le premier signal envoyé aux salles de marchés est celui d’une accélération des volumes, défiant presque les lois de la pesanteur économique actuelle. Le Produit Net Bancaire (PNB) consolidé s’apprécie de 14,3 % pour atteindre 4,04 milliards de dirhams, une croissance à deux chiffres qui devient la signature de la maison. Cette performance n’est pas le fruit du hasard mais d’une stratégie de conquête agressive, matérialisée par un encours de crédits consolidés qui grimpe à 96,8 milliards de dirhams, en hausse de 14,6 % depuis le début de l’année. La barre symbolique des 100 milliards d’encours est désormais à portée de main, transformant définitivement le profil de risque et de rentabilité de la banque.
L’arme fatale de la ressource gratuite
Dans un environnement de taux qui reste exigeant, la véritable force de frappe de CIH Bank réside dans la structure de son passif. Les dépôts de la clientèle ont progressé de 6,7 % pour s’établir à 90,1 milliards de dirhams, mais le chiffre le plus crucial est ailleurs : 84 % de ces ressources sont constituées de dépôts à vue, c’est-à-dire d’argent non rémunéré. C’est ici que réside l’avantage concurrentiel absolu de la banque. Pendant que ses consœurs doivent rémunérer chèrement les comptes à terme pour attirer des liquidités, CIH continue de capter l’épargne gratuite grâce à son positionnement digital et jeune. Cette « matière première » bon marché permet de préserver des marges d’intermédiation confortables même en agressant le marché sur les taux de crédit.
Les filiales comme relais de puissance
L’autre enseignement majeur de ce trimestre est la montée en puissance des satellites du groupe. Si la banque mère continue de croître (+5,8 % sur les dépôts), ce sont les filiales spécialisées qui assurent le turbo. Umnia Bank, la fenêtre participative, affiche une collecte en hausse spectaculaire de 20,4 %, tandis que Sofac et Umnia contribuent désormais à elles seules pour près d’un tiers de l’activité crédit global. Ce modèle de diversification fonctionne à plein : la banque universelle capte le flux, et les « usines » spécialisées (crédit conso, finance participative) transforment l’essai avec des produits à forte marge.
Un effet de levier opérationnel massif
Enfin, l’analyse du bas de bilan révèle une maîtrise redoutable des coûts. Le différentiel entre la croissance du PNB (+14,3 %) et celle du RNPG (+31,2 %) illustre un effet de levier opérationnel puissant. Chaque dirham de revenu supplémentaire génère proportionnellement plus de profit net, signe que la banque parvient à absorber sa croissance sans faire exploser ses charges de structure. Avec un résultat net consolidé de 954,8 millions de dirhams (+34,2 %), CIH Bank aborde la dernière ligne droite de 2025 avec des fondamentaux qui feraient pâlir d’envie bien des gestionnaires d’actifs. Pour les investisseurs, le message est clair : la transformation entamée il y a dix ans paie désormais des dividendes industriels.










