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L’adoption finale du Budget 2026 marque un tournant moins comptable que civilisationnel pour l’économie du Royaume. En introduisant un mécanisme d’autoliquidation de la TVA sur les produits de récupération, le législateur ne cherche pas seulement à remplir les caisses de l’État ; il pose les jalons d’une « Doctrine de Transparence » visant à ramener les circuits de l’ombre vers la lumière de la forme. Un pari sur la dignité économique qui bouscule les rentes établies sans jamais rompre l’équilibre institutionnel.

L’encre est désormais sèche sur le document qui régira la vie économique du Royaume pour les douze prochains mois. Après un marathon parlementaire rythmé par les débats sur l’équilibre social et l’investissement stratégique, la Loi de Finances n° 50-25 pour l’année budgétaire 2026 a franchi son ultime étape protocolaire. Sa publication au Bulletin Officiel sonne l’heure de vérité pour l’Exécutif, qui dispose désormais de l’arsenal juridique complet pour déployer sa feuille de route dès le premier janvier.

Pendant que les regards sont braqués sur les stades et les taux d’intérêt, une transformation silencieuse mais irréversible est à l’œuvre. Les derniers chiffres sur le vieillissement de la population sonnent le glas du « dividende démographique ». Le Maroc entre dans l’âge de la maturité, avec une question angoissante : notre modèle économique peut-il supporter le poids des cheveux gris ?

Lors de la réunion du conseil d’administration tenue le 22 juillet à Rabat, la Caisse marocaine des retraites (CMR) a posé les jalons d’un contrat-programme 2025-2027, croisant ambitions de bonne gouvernance, impératifs de viabilité financière et attentes des assurés. À l’heure où les réformes paramétriques héritées de 2016 repoussent l’épuisement des réserves, l’accord esquisse un nouveau pacte entre l’État et l’institution, interrogeant la capacité du pays à concilier performance institutionnelle et protection des pensionnés face à un contexte démographique et budgétaire en tension.

Selon la dernière enquête conjoncturelle du Haut-Commissariat au Plan, l’Indice de confiance des ménages (ICM) est repassé sous la barre symbolique des 55 points au deuxième trimestre 2025. Cette progression, inattendue après plusieurs mois d’inquiétude, traduit un sentiment général moins négatif qu’en 2024. Pour autant, le solde d’opinion reste largement en territoire défavorable, soulignant la fragilité d’un moral encore confronté à la hausse des prix et au spectre du chômage.