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Politique monétaire
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Le Maroc n’est pas le premier pays à rêver d’une monnaie codée, mais il pourrait être l’un des rares à réussir son intégration sans fracturer son tissu social ou fragiliser sa souveraineté. En scrutant avec une érudition chirurgicale les échecs relatifs de l’e-Naira au Nigeria et l’omniprésence hégémonique du e-CNY en Chine, Rabat affine sa propre « troisième voie ». Ce benchmark international révèle un Royaume qui refuse de copier servilement les modèles globaux, préférant les adapter aux réalités nerveuses d’une économie émergente, tout en acceptant que sa propre régulation prenne le temps de la maturité législative avant de franchir le pas définitif.
Battre monnaie sous forme de bits n’est pas une simple mise à jour logicielle, c’est un acte de haute politique. En lançant l’e-Dirham, le Royaume verrouille sa souveraineté face aux algorithmes apatrides. Mais ce pacte reste inachevé : tant que le cadre légal n’est pas scellé, l’indépendance numérique demeure une promesse en attente de son armure.
Les marchés espéraient un geste, le patronat le réclamait, et la baisse de l’inflation le justifiait en théorie. Pourtant, le Wali de Bank Al-Maghrib a choisi l’immobilisme stratégique. Derrière ce maintien du taux directeur à 2,25 %, se joue une partie d’échecs complexe entre la nécessité de financer les grands chantiers et l’impératif absolu de préserver la valeur du dirham.
Face à la tendance inflationniste qui semble plus appuyée que prévu en 2022, la réponse de Bank Al-Maghrib (BAM) ne s’est pas faite attendre. Le Conseil de BAM a ainsi décidé d’augmenter le taux directeur qui passe de 1,50% à 2%.
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