Bilan

Des filons à investir améliorer le taux d’intégration dans l’industrie automobile

L’industrie automobile peut tabler sur les atouts qui ont fait son succès. Le financement, la formation, la visibilité et l’accompagnement politique, éléments clés pour séduire de nouveaux investisseurs.

La filière automobile est un fleuron de l’industrie nationale. Au fil des années, elle s’est adjugée une place de référence dans le paysage économique national, au point de devenir le premier exportateur devant des secteurs historiques et stratégiques à l’image des phosphates, des produits agricoles ou du textile. L’activité s’est inscrite dans une forte dynamique de développement, aidée en cela par les mesures d’accompagnement initiées par l’Etat et aussi l’émergence d’un environnement d’affaires très attractif. En dépit des contraintes liées à la pandémie, le secteur a réalisé un chiffre d’affaires de 72,18 milliards de DH en 2020.

Entre 2014 et septembre 2021, il a pu créer plus de 180.761 emplois. Actuellement, sa capacité de production atteint 700.000 véhicules par an. «Les objectifs initiaux du Plan d’accélération industrielle (PAI), soit la création de 90.000 emplois et la production annuelle de 600.000 véhicules, ont été dépassés. Nous ne devons pas ce succès au hasard !», a souligné dernièrement Ryad Mezzour, ministre du Commerce et de l’Industrie.

Lors d’une rencontre avec l’Association marocaine de l’industrie et de la construction automobile (Amica), il a affirmé que «cet essor, nous le devons à l’excellence de la production nationale et aux écosystèmes mis en place ayant fait du ‘made in Morocco’ une référence internationale. Notre plateforme industrielle automobile exporte vers plus de 74 pays dans le monde, avec un taux d’intégration locale de 60%», a-t-il ajouté. Force est de reconnaître que les perspectives d’avenir pour augmenter le taux d’intégration sont très prometteuses, car plusieurs filières sont encore peu ou pas investies. Il y a quelques années, personne ne pouvait imaginer que le Royaume pouvait intégrer le top ten en termes de volume des véhicules produits. Au niveau de la compétitivité, le Maroc est troisième derrière la Chine et l’Inde. Ces atouts sont un ingrédient nécessaire pour permettre à l’industrie automobile nationale de hisser son niveau d’excellence.

«Il faut capitaliser sur les éléments ayant permis au secteur de se forger la place qu’il occupe actuellement, notamment sa stabilité politique, la proximité géographique du pays avec les donneurs d’ordre, les coûts des facteurs de production compétitifs, un effort en matière de promotion de la filière à l’international et un environnement de l’entreprise adéquat. L’activité industrielle est capitalistique et les investisseurs ont besoin de visibilité pour le long terme», souligne Youssef Idrissi, professeur d’économie industrielle. «Le Maroc a intérêt à investir de nouvelles filières à forte valeur ajoutée tant sur le plan technique que sur le plan économique afin de hisser le niveau de l’activité. A cet égard, il faut encourager la recherche et développement et soutenir la formation de pointe des ressources humaines pour répondre aux besoins des équipementiers», explique Idrissi.

Il est utile de préciser que la plupart des équipementiers automobiles au Maroc sont des filiales de multinationales étrangères. Ces entreprises sont créées parfois en partenariat avec des opérateurs marocains, mais la présence de capitaux locaux laisse beaucoup à désirer comparativement à d’autres pays.

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