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C’est devenu un rituel aussi prévisible que lassant sur les rives de la Seine. Après avoir tenté de gâcher la torpeur estivale du Royaume en août 2025 avec une série d’articles au titre aussi accrocheur que nébuleux — « L’énigme Mohammed VI » —, le quotidien Le Monde s’apprêterait à remettre le couvert. Selon les informations qui circulent, cette enquête journalistique, signée par les plumes Christophe Ayad et Frédéric Bobin, serait étirée, remaniée et cartonnée pour finir en tête de gondole des librairies françaises courant 2026. Une opération de recyclage éditorial qui, si elle se confirme, en dirait moins sur le Maroc que sur la névrose tenace d’une certaine élite parisienne face à une Monarchie qui a l’outrecuidance de ne plus demander la permission.

L’intelligence n’a plus de frontières fixes. En se portant candidat à l’accueil d’un campus offshore des célèbres Indian Institutes of Technology (IIT), le Maroc ne cherche pas seulement à importer des diplômes, mais à s’ancrer dans l’épicentre mondial de l’ingénierie logicielle pour transformer l’information en savoir.

Le 22 juillet 2025, l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE) et l’entreprise française Onepoint ont paraphé un protocole d’accord pour créer, dans la région de Casablanca-Settat, un centre d’excellence dédié aux données et à l’intelligence artificielle (IA). Inscrit dans la feuille de route Maroc Digital 2030, ce partenariat ambitionne de structurer un écosystème technologique de pointe, de recruter cinq cents ingénieurs et de renforcer la souveraineté numérique du Royaume, tout en irrigant l’industrie locale d’innovations adaptées aux défis de la quatrième révolution industrielle.

Au séminaire de l’Association des banques centrales africaines à Rabat, Abdellatif Jouahri a esquissé les contours d’un paysage monétaire en pleine mutation, où la monnaie digitale de banque centrale, la régulation des cryptoactifs et la robustesse cybernétique s’entrelacent pour définir l’avenir financier du Royaume. Confronté aux promesses de modernisation et aux risques systémiques évoqués par la Banque des règlements internationaux, Bank Al-Maghrib s’attache à conjuguer inclusion, souveraineté et sécurité, sans céder au vertige de l’innovation pour l’innovation.

En lançant une enquête mondiale sur la demande des produits artisanaux marocains, la Maison de l’Artisan amorce une mutation stratégique : faire de la data un levier de diplomatie commerciale et culturelle. Dans un secteur longtemps porté par la transmission orale et les cycles saisonniers, cette initiative inaugure une forme de gouvernance par les indicateurs, où chaque tendance devient une piste d’export, chaque signal un vecteur de souveraineté. Entre tradition incarnée et pilotage algorithmique, le Maroc cherche à inscrire l’artisanat dans une mondialisation choisie.

C’est à Paris, au sein du campus STATION F, que le Groupe OCP a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie d’innovation durable. Le 9 juillet, sa business unit Specialty Products & Solutions (SPS) y a inauguré le programme ChemTechxAI, dédié à l’intelligence artificielle et à la chimie de spécialité. Pensé comme un accélérateur technologique de rupture, ce projet vise à propulser des solutions marocaines capables d’agir sur les grands défis planétaires : transition énergétique, sécurité alimentaire et industrie sobre en carbone.