Quelles pistes pour optimiser l’intégration du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales

Afin de ne pas rester confiné aux segments non porteurs des chaînes de valeur mondiales (CVM), le Maroc se doit de déployer des mesures idoines pour assurer une montée en gamme et assurer une transformation structurelle de son économie. Du capital intellectuel à l’intégration régionale en passant par la refonte du cadre de travail et la réforme de l’administration, sont autant de leviers à actionner pour renforcer la présence des entreprises marocaines dans les réseaux mondiaux.

En l’espace de quelques années, le Maroc a réussi, à améliorer son positionnement dans les CVM. En effet, il y a une augmentation modeste à la fois de l’incorporation de la valeur ajoutée étrangère dans les exportations nationales et de la valeur ajoutée locale dans les exportations des pays tiers. Tout de même, des disparités notables persistent au niveau des différents secteurs productifs puisque sa participation en amont a progressé à un rythme plus élevé que celle en aval. Ce qui rend l’économie nationale plus vulnérable aux chocs d’offre potentiels de pays positionnés plus en amont des CVM

Et même si le Maroc le Maroc dispose de marges de manœuvre pour des économies d’échelle substantielles, mais il demeure confronté au double défi de passer à des segments à plus for te valeur ajoutée et d’y impliquer davantage le tissu productif local à ces chaînes, au risque de rester confiné aux segments non porteurs.

Aussi, le Maroc, est contraint de déployer des efforts supplémentaires et de relever des défis pour monter en gamme et accélérer le processus  de transformation structurelle.

Le capital intellectuel, un enjeu majeur

En premier lieu, l’investissement en capital intellectuel s’impose comme un impératif. A ce titre, une démarche volontariste à ce niveau permet non seulement l’amélioration de la productivité, mais également la différentiation du produit fini de la chaîne et le renforcement de sa présence sur les réseaux mondiaux. D’ailleurs, selon l’OCDE, trois grands types de capital intellectuel interviennent dans les CVM : les données informatisées (logiciels et bases de données) ; le capital d’innovation (R-D et autres facteurs d’innovation, droits d’auteurs, modèles et dessins et marques commerciales) ; et les compétences économiques (valeur de la marque, compétences particulières en matière de technologie et de gestion, réseaux et structures organisationnelles).

En effet, le haut niveau de la création de valeur à l’intérieur d’une CVM s’atteint souvent en amont, dans des activités particulières comme le développement conceptuel, la R-D ou la fabrication des pièces détachées et de composants essentiels, mais aussi en aval, par exemple dans les domaines du marketing, de la stratégie de marque ou des services à la clientèle. A ce titre, il convient d’assurer une cohérence entre l’offre de formation des compétences et les choix stratégiques de développement du pays et une meilleure connexion entre les centres de recherche et le secteur privé.

L’intégration au niveau régional, un tremplin

L’exploitation de la complémentarité des facteurs de production et des ressources au niveau régional renforcerait la compétitivité des industries et les liens avec les économies locales, induisant ainsi des effets d’entraînement catalyseurs de croissance. Aussi, le renforcement de l’intégration au niveau régional : ce qui pourrait constituer un tremplin pour une meilleure insertion du Maroc dans les CVM.

A titre d’illustration, la multiplication des accords commerciaux régionaux (ACR) en Asie du Sud-Est, au cours des dernières années, a contribué à l’intégration de la zone dans les CVM. Le Costa Rica constitue un exemple de pays qui, grâce aux 11 accords commerciaux qu’il a négociés avec 42 pays, a amélioré son insertion dans les CVM de l’électronique, de l’équipement médical, de l’automobile et de l’aéronautique.

L’adaptation du code de travail, un impératif

Il est de notoriété publique que les réglementations strictes en termes d’embauche et de licenciement réduisent les possibilités aux entreprises marocaines de s’adapter aux variations de leur activité économique et de s’adapter aux différents chocs exogènes. Elles contribuent, en outre, à retarder les processus de réallocation de la force de travail et d’adaptation aux besoins du tissu productif.

Il importe, dès lors, de simplifier le Code du travail en prenant comme modèle les normes et les pratiques internationales sur des aspects comme les indemnités de licenciement, le recours aux contrats à durée déterminée, la flexibilité du nombre d’heures travaillées et la rémunération des heures supplémentaires.

La gouvernance au cœur du changement

L’amélioration de la qualité des institutions et des administrations qui pourrait être déterminante dans la décision d’investissement. Aussi, le Maroc gagnerait à accélérer la réforme de l’administration à travers la mise en œuvre des dispositions des mesures législatives et l’accélération de la mise en place de la Charte de Déconcentration Administrative en tant que jalon pour accompagner la dynamique territoriale et le soutien à la transformation digitale de l’Administration,…

Les CVM exigent, en outre, des institutions publiques saines qui veillent au respect des termes des contrats, protègent les droits de propriété et les investisseurs, garantissent l’impartialité du pouvoir judiciaire et luttent contre la corruption.

Dès lors, il est indispensable de poursuivre la mise en œuvre de la char te de la réforme de justice, dont les grands objectifs consistent à consolider l’indépendance du pouvoir judiciaire, à moraliser le système de la justice, à renforcer la protection des droits de l’homme et des liber tés, à améliorer l’efficacité et l’efficience de l’appareil judiciaire.

Le levier de la maitrise de la chaine logistique

La poursuite de l’amélioration de la qualité de la logistique compte tenu de son rôle dans la facilitation des échanges et le développement des CVM. D’après l’OCDE, chaque jour supplémentaire
requis pour préparation d’une livraison ou réception internationale contracte le volume des échanges d’environ 4%. Il convient également de mettre en place une stratégie de développement du
fret (maritime, aérien, routier) à l’égard des pays de l’Afrique sub-saharienne afin de promouvoir les échanges intrarégionales et favoriser l’édification des chaines de valeur régionales

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