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Adnane Younes
Dernières publications
En lançant son service maritime MAX via Tanger Med, le géant ONE ne se contente pas d’ouvrir une route : il acte le basculement du commerce mondial vers le Sud. Entre le détroit de Gibraltar et l’Atlantique africain, Tanger Med devient le sismographe d’une mondialisation qui se réinvente. Une offensive stratégique qui redessine l’atlas logistique et consacre le Maroc comme le pivot souverain des échanges entre l’Asie, l’Europe et une Afrique en pleine mutation.
L’heure de la diplomatie des tubes a sonné. En annonçant la signature imminente de l’accord intergouvernemental liant treize capitales ouest-africaines, Rabat et Abuja ne se contentent plus de tracer des lignes sur des cartes d’état-major. Ils forgent, par le droit et l’acier, le corridor énergétique le plus ambitieux du continent. Un pari à 25 milliards de dollars destiné à fracturer l’enclavement du Sahel, à relier le golfe de Guinée à l’Europe, et à imposer l’Afrique comme l’acteur souverain de sa propre destinée industrielle.
Pendant des décennies, la douleur dans les couloirs de nos hôpitaux publics a souvent été une affaire atrocement silencieuse. En relançant la plateforme Chikaya Santé ce mois-ci, le ministère tente de briser cette fatalité systémique en offrant un mégaphone institutionnel inédit aux patients marocains. Ce dispositif national de traitement des réclamations, porté par le nouveau ministre Amine Tehraoui, ne se veut pas un simple guichet numérique de plus. Il s’érige comme un sismographe des dysfonctionnements hospitaliers, avec un enjeu humain vertigineux : rétablir une confiance profondément fracturée entre le corps social vulnérable et l’administration du soin.
La comptabilité nationale offre parfois le confort des illusions. À lire les récents bulletins du Haut-Commissariat au Plan (HCP), la baisse de 0,3 point du taux de chômage, établi à 13 % pour l’année 2025, pourrait figurer au registre des victoires conjoncturelles. Pourtant, la lecture croisée de cette comptabilité et des alertes du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) esquisse une géographie du travail infiniment plus tourmentée. Derrière l’apparente stabilisation de la courbe se dessine une économie de l’absorption, où la création de postes urbains masque mal l’hémorragie rurale et l’effondrement silencieux de notre taux d’activité.
Il existe dans les couloirs de nos facultés et dans les ateliers de nos centres de formation une même mélancolie silencieuse. C’est celle d’une jeunesse qui a scrupuleusement respecté le contrat de l’effort pour se retrouver, au matin du diplôme, devant l’horizon bouché d’un marché qui ne reconnaît plus sa langue. Au Maroc, le paradoxe est devenu une règle : plus le savoir s’accumule, plus l’emploi se dérobe. De l’amphithéâtre à l’établi, la promesse de l’ascension sociale se brise sur le mur d’une inadéquation systémique, transformant le titre scolaire en un fardeau plutôt qu’en un moteur.
Donald Trump vient de déployer l’US Navy pour verrouiller le détroit d’Ormuz, avec toute la délicatesse d’un shérif fracassant les portes d’un saloon. Sur les chaînes d’information, la chorégraphie martiale est impeccable. Mais à bien y regarder, le revolver américain tire à blanc. Entre des marchés boursiers prêts à ruiner son propre électorat et l’intouchable armada pétrolière chinoise qu’il n’osera jamais couler, ce blocus relève moins de la stratégie militaire que du mirage de testostérone.
Le capitalisme mondial obéit à des courants de fond que les tensions géopolitiques ne font qu’accélérer. En décidant de verrouiller 1,37 milliard de dirhams pour l’édification d’une usine de matériaux de haute précision à Nador, le colosse chinois Boway Alloy ne se contente pas de poser une première pierre d’usine. Il acte une réaffectation spectaculaire de ses liquidités, détournant le flux de ses investissements des mers asiatiques pour ancrer sa chaîne de valeur au cœur de la Méditerranée. Ce mouvement, financé par une réorientation inédite de sa dette domestique, consacre l’Oriental marocain comme un sas de sécurité vitale pour l’industrie technologique mondiale.
L’inflexion a été brutale, presque tectonique. Dans les minutes qui ont suivi l’annonce du blocus naval par Washington, le sismographe des marchés mondiaux a enregistré une secousse dont l’amplitude menace de briser la fragile reprise économique de ce printemps 2026. En verrouillant par la force le détroit d’Ormuz, Donald Trump n’a pas seulement répondu à l’échec diplomatique d’Islamabad ; il a posé un garrot sur l’artère où bat le cœur énergétique de la planète.
L’air climatisé des salons d’État pakistanais n’a pas suffi à dissiper la fièvre d’un monde au bord de la rupture. Au terme de vingt heures d’une confrontation verbale ininterrompue, les lourdes portes de la résidence diplomatique se sont ouvertes sur un constat de faillite absolue. L’espoir d’une désescalade au Moyen-Orient, tissé avec acharnement depuis l’instauration d’une trêve précaire, vient de s’effondrer avec le départ précipité des délégations, condamnant la région à reprendre le chemin des tranchées.
Le 10 avril 2026, la Banque mondiale a paraphé un prêt de 500 millions de dollars (environ 5,05 milliards de MAD) pour arrimer l’emploi marocain à l’impératif écologique. Ce financement massif ne vise pas seulement à injecter des liquidités, mais à forcer une mutation structurelle : transformer la transition énergétique en un gisement social capable d’absorber 330 000 jeunes chercheurs d’emploi. Entre oxygène budgétaire et défi d’exécution, le Royaume joue ici l’une de ses partitions les plus décisives pour l’horizon 2026.
Face à l’implacable couperet de la taxe carbone européenne, le Maroc abat sa carte maîtresse. Le gaz naturel liquéfié s’impose comme un bouclier implacable pour sauver la compétitivité de son industrie.
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