Risques climatiques: Bank Al-Maghrib prend les devants

Consciente que les changements climatiques provoqués par l’évolution des conditions météorologiques comportent des menaces considérables pour l’activité économique et financière du Royaume, Bank Al-Maghrib œuvre pour accélérer la prise en compte des enjeux climatiques au sein de l’écosystème financier marocain et promouvoir un développement ordonné de la finance verte.

Bank Al-Maghrib a publié en mars 2021 une directive relative au dispositif de gestion des risques financiers liés au changement climatique et à l’environnement à destination des établissements de crédit et organismes assimilés.

«La directive est le premier signal de la Banque centrale sur ce sujet. Elle définit un certain nombre d’orientations. La première étant qu’il faut nommer une personne en charge de ces questions climatiques dans les instances de gouvernance. La deuxième orientation est que les Conseils doivent mettre en place les moyens humains, techniques et budgétaires pour réfléchir à ces sujets.

Cette directive constitue donc un référentiel de pratiques saines pour la mise en place, par les établissements de crédit et organismes assimilés, d’un dispositif de gestion des risques financiers liés au climat, couvrant notamment les aspects stratégiques et de gouvernance, les dispositifs spécifiques de contrôle, la formation et la sensibilisation des acteurs concernés ainsi que le développement d’un système de reporting et de pilotage adéquat.

BAM travaille actuellement avec la Banque mondiale sur un programme sur deux ans, qui  permettra d’établir une cartographie des risques climatiques pour le secteur bancaire marocain (risques physiques et risques de transition). Cela va aider les banques puisqu’elles auront une vision sectorielle des risques portés par BAM, ce qui constituera un input pour qu’elles puissent décliner cette analyse sur leurs propres portefeuilles.

La granularité des données

La mesure des risques financiers n’est pas une chose aisée. Et quand il s’agit d’évaluer les risques émanant du changement climatique, la tâche devient encore plus compliquée. Jusqu’à présent, les Banques centrales et les autorités de réglementation financière n’ont pas trouvé une méthodologie universelle pour son calcul. En attendant, plusieurs questions restent en suspens : est-il possible de modéliser le risque climatique ? Sur quel horizon le risque doit-il être modélisé ? Quelles sont les approches possibles ? Doit-il être considéré comme une composante d’un autre type de risques (par exemple du risque de crédit) ?…

Le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, était clair sur ce sujet, en précisant que les risques liés au changement climatique, qu’ils soient physiques, générés par les événements climatiques extrêmes, ou de transition, induits par la  mutation vers des modèles économiques à bas carbone, sont complexes à appréhender et à mesurer. Pour lui, la complexité est accentuée en l’absence d’un langage ou d’une taxonomie commune permettant de distinguer les actifs verts et bruns, d’un manque de données et d’outils d’évaluation…

L’un des défis majeurs de ce chantier est la donnée. La granularité des données sectorielles est très importante. Il faut être aussi dans la granularité géographique voire même spatiale.

Les stress tests : l’ultime exercice

Les exercices de stress tests peuvent également être utilisés par les autorités financières pour quantifier les expositions des institutions financières aux risques liés au climat dans leur juridiction. L’évaluation est basée sur un ou plusieurs scénarios communs spécifiés par les autorités financières. À ce jour, ces exercices ont été élaborés ou sont en cours au niveau de plusieurs Banques centrales telles que la Banque d’Angleterre, la Banque de France et la Banque des Pays Bas.

BAM œuvre  avec la Banque mondiale sur une taxonomie simplifiée sur ce que l’on appelle ‘vert et brun’, pour que les banques puissent classifier leurs actifs et leurs activités en fonction de cela. Vient ensuite l’ultime exercice qui est le stress test. C’est un exercice très complexe, il y a des Banques centrales qui ont mis un an juste pour le préparer».

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