Prolifération des faux billets: Comment BAM veille au grain ?

es faux billets détectés par Bank Al-Maghrib ont baissé de 34% en 2020 pour atteindre 6.335 billets, contre une hausse de 6% une année auparavant. D’après l’Institut d’émission, le risque de contrefaçon au Maroc est globalement maîtrisé et se situe à un niveau faible comparativement à l’échelle internationale.

Avec l’arsenal juridique en vigueur au Maroc, Bank Al-Maghrib (BAM) dispose du pouvoir exclusif de l’émission et de l’entretien de la monnaie fiduciaire, de la supervision des opérateurs privés de tri et du retrait de la monnaie ne répondant plus aux normes de qualité requises. En conséquence, l’Institut d’émission s’assure de la qualité de circulation fiduciaire. Il importe de noter que BAM a délégué depuis 2005 aux sociétés gestionnaires des centres privés de traitement (SGCPT), l’exercice des activités de traitement et de recyclage de la monnaie fiduciaire.

Selon le rapport annuel portant sur les infrastructures des marchés financiers, les moyens de paiement et l’inclusion financière, publié récemment par BAM, l’émission de billets neufs par la Banque centrale en 2020 a concerné un volume de 613 millions de coupures, en hausse de 7% par rapport à l’année 2019. Et pour assurer la qualité requise pour les signes monétaires en circulation, BAM opère en permanence des contrôles de l’activité des centres privés de traitement.

Faux billets, une valeur d’1 MDH détectée

Les faux billets détectés par Bank Al-Maghrib ont baissé de 34% en 2020 pour atteindre 6.335 billets, contre une hausse de 6% une année auparavant. La valeur de ces faux billets s’est établie à 1 MDH contre 1,5 million de dirhams en 2019. Par million de billets en circulation, seulement 2,9 billets sont contrefaits, en baisse par rapport à l’année passée (5,2 billets contrefaits par million de billets en circulation). A en croire l’Institut d’émission, le taux des faux billets saisis a observé une particulière tendance baissière en 2020.

Ce qui pourrait être expliqué par la période de confinement. Toujours est-il que ce trend baissier fait suite à des replis successifs depuis plusieurs années. Cette amélioration montre quelque part que le risque de contrefaçon au Maroc est globalement maîtrisé et se situe à un niveau faible comparativement à l’échelle internationale. Il est important de souligner que cette performance n’est pas le fruit du hasard, puisque Bank Al-Maghrib améliore en continu son dispositif de détection de la fausse monnaie. Et ce, en diversifiant le périmètre de contrôle des banques et des centres privés de traitement.

D’ailleurs, la Banque centrale a publié une liste d’équipements fiduciaires jugés aptes à traiter les billets suivant les normes de qualité requises. Les hommes de Abdellatif Jouahri, wali de BAM, exigent des opérateurs un contrôle annuel des équipements, qui s’inscrit dans le cadre du renforcement de leur capacité à détecter les faux billets.

Le billet de 200 DH séduit les fossoyeurs

Le nouveau rapport de la Banque centrale explique que la baisse des faux billets en 2020 a concerné toutes les coupures, avec notamment des reculs de 34% pour le billet de 200 DH et de 38% pour la coupure de 100 DH. L’information de taille révélée par le nouveau document est que sur les faux billets décelés, la coupure de 200 DH prédomine, avec une part de 69%, alors que celle de 100 DH n’y contribue qu’à hauteur de 11%. Ce qui représente pratiquement les mêmes proportions enregistrées un an auparavant. Visiblement, au Maroc, les petites coupures intéressent moins les fossoyeurs.

Pour preuve, celle de 50 DH a vu sa part augmenter de 4 points de pourcentage à 15%, tandis que la coupure de 20 DH est passée de 7% à 5%. Il importe de noter que 71% des faux billets décelés sont réalisés au moyen de photocopieurs ou imprimantes couleur. Par ailleurs, le nombre saisi de faux billets de banques étrangers a augmenté en 2020 à 1.353 billets contrefaits, contre 519 billets en 2019 et 618 en 2018. Autre donnée importante : la tendance à la hausse de faux billets a concerné le Dollar américain qui accapare une part de 88%, contre 14% en 2019. La contrefaçon de l’Euro a, quant à elle, baissé de 61% avec une part de 10%.

Quid des faux billets dans la zone Euro ?

Les statistiques officielles de l’UE font état de 460.000 fausses coupures en euros retirées de la circulation en 2020 (dont 220.000 au second semestre). Ce qui correspond à une baisse de 17,7% par rapport à 2019. Contrairement au Maroc où les grosses coupures de 200 DH sont davantage prisées par les fraudeurs, en Europe, les billets de  20 et 50  euros ont été les valeurs les plus contrefaites en 2020, représentant ainsi près de deux tiers du total de billets contrefaits. Pour autant, dans les pays européens, la probabilité de recevoir une coupure contrefaite est minime, en raison du nombre de faux billets très bas par rapport à plus de 25 milliards de billets en euros en circulation en 2020.

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