Pour BAM, c’est tolérance zéro en matière de corruption

La corruption dans le secteur bancaire a toujours été un sujet tabou. Pas pour Bank Al-Maghrib, (BAM) qui estime que le grand danger pour les établissements financiers, c’est la destruction de valeur induite par les pratiques de corruption. D’où la mise en place de garde-fous légaux pour combattre ce fléau.

 

Les anecdotes pullulent dans le milieu des opérateurs économiques sur la rétrocession d’un pourcentage du crédit à tel ou tel responsable. Le fait est que ces pratiques sont préjudiciables et porteuses de danger pour les établissements financiers en terme de destruction de valeur.

Pour BAM, les choses sont claires. D’où la nouvelle directive sur la prévention et la gestion des risques de corruption que les banques sont tenues de déployer dans tous les établissements sous leur contrôle, au Maroc et au sein de leurs filiales à l’étranger.

Au sens de la directive (article 2), la corruption couvre en particulier et sans se restreindre à cela, le fait de solliciter ou d’agréer, soit directement, ou par tout moyen direct ou indirect, des offres, promesses, dons ou autres avantages, notamment pour «accomplir ou s’abstenir d’accomplir un acte relevant de sa fonction, accomplir ou s’abstenir d’accomplir un acte qui, bien qu’en dehors de ses attributions, est ou a pu être facilité par sa fonction, rendre une décision ou donner une opinion favorable ou défavorable ».

Les «pistons» ou le trafic d’influence en vue de défendre ou d’influencer le passage d’un dossier de crédit en comité relève également de la corruption, c’est-à-dire le délit de trafic d’influence. La directive de la Banque centrale la définit comme étant «le fait, pour les agents et les dirigeants d’un établissement, d’user de leur influence réelle ou supposée, au regard de leur appartenance à l’établissement, pour obtenir ou tenter d’obtenir des avantages pour leur propre compte ou pour le compte de tiers, et ce, quelle qu’en soit la nature».

C’est au management de tenir la première ligne de défense dans le combat contre la corruption. Ainsi, les dirigeants doivent formaliser et s’assurer de l’approbation du dispositif anti-corruption, en particulier le code de bonne conduite ou tout document équivalent ainsi que la cartographie des risques de corruption. Il ne s’agit pas seulement de faire de l’affichage à travers une pile de documentations ou de chartes.

La direction doit s’assurer de l’effectivité du plan d’actions afférent à la cartographie et des moyens adaptés pour l’exécuter.

Par ailleurs, il faudra mesurer, au moyen d’indicateurs et de rapports de contrôle et d’audit, que le dispositif anti-corruption est implémenté, efficace et à jour depuis la première ligne de défense, celle constituée des collaborateurs en contact avec le client.

Recevez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous maintenant.

laissez un commentaire

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En savoir plus