Politiques nationales de l’Eau: Les travaux d’Hercule

Pour faire face aux enjeux climatiques liés au secteur de l’eau, un large éventail de programmes a été engagé en vue de garantir au Royaume la sécurisation des approvisionnements en eau pour les différents secteurs usagers de la ressource, et ce, en prenant en compte le caractère erratique des conditions climatiques du pays et les effets à long terme du changement climatique.

Ces programmes portent notamment sur l’atténuation de la variabilité interannuelle des précipitations par la réalisation des grands ouvrages hydrauliques en entreprenant un vaste chantier de mobilisation du capital hydrique du pays à travers la politique des barrages engagée depuis les années 1960.

Ceci a permis au pays de se doter de 145 grands barrages d’une capacité de stockage totale de 18,6 milliards de m3. Grace à cette politique, un patrimoine hydro-agricole a été constitué permettant l’irrigation de plus de 1,5 million d’hectares (couvrant près de 21% des superficies cultivées).

Le pays s’est également engagé dans la planification anticipative à long terme tenant compte du changement climatique à travers l’intégration du changement climatique dans les processus de planification de la politique de l’eau (Plans Directeurs d’Aménagement Intégré des Ressources en Eau (PDAIRE) par bassin hydraulique qui sont actualisés régulièrement), le renforcement du cadre de gestion des risques liés à l’eau (plan de gestion de la pénurie d’eau), la valorisation de l’eau pluviale, ainsi que l’adaptation du cadre réglementaire et institutionnel (nouvelle loi sur l’eau (loi 36/15) permettant, notamment, une diversification des sources d’approvisionnement en eau à travers la valorisation et l’utilisation des eaux usées et le dessalement des eaux de mer.

Le pays anticipe aussi la réduction de la vulnérabilité aux phénomènes extrêmes par la poursuite de la mise en œuvre du Plan National de lutte contre les Inondations (PNI), l’extension et la modernisation du réseau hydro-climatologique ainsi que le renforcement de la prévision, du système d’annonce de crue et de la gestion des situations de crise.

D’autres actions sont également engagées dans ce cadre et concernent l’élaboration d’un Plan de gestion de la sécheresse et la création d’un Fonds de Solidarité contre les évènements catastrophiques et d’une Direction Centrale au niveau du ministère de l’Intérieur pour la gestion des catastrophes naturelles.

Le Royaume a opté aussi pour la diversification des sources d’approvisionnement en eau à travers l’adoption d’un cadre juridique pour le développement des ressources en eau non conventionnelles. A ce titre, le recours à ce type de ressource a été renforcé par le lancement du projet de construction d’une station de dessalement (d’une capacité de 400.000 m3 d’eau par jour) destinée à l’AEP au niveau de la région d’Agadir et à l’irrigation d’un périmètre de 15.000 ha dans la région de Chtouka Aït Baha.

Pour ce qui est de la valorisation des eaux usées, un potentiel de 325 millions de m3 à l’horizon 2030 a été défini, dont 46% sera destiné à l’irrigation, 43% pour l’arrosage des espaces verts et des golfs, et le reste pour la recharge de nappes et l’industrie.

Enfin, la sécurisation à court et moyen terme des besoins en AEP et irrigation à travers l’engagement, sur Initiative royale, du programme prioritaire national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027. Ce programme, doté d’un investissement global de 115 Mrds DH sur six ans, couvre l’ensemble du territoire du pays.

Ses axes principaux portent sur l’amélioration de l’offre hydrique notamment par la construction des barrages (61 Mrds DH), la gestion de la demande et la valorisation de l’eau notamment dans le secteur agricole (25,1 Mrds DH), le renforcement de l’approvisionnement en eau potable en milieu rural (26,9 Mrds DH), (la réutilisation des eaux usées traitées dans l’irrigation des espaces verts (2,3 Mrds DH), ainsi que la communication et la sensibilisation en vue de renforcer la conscience liée à l’importance de la préservation des ressources en eau et la rationalisation de son utilisation (50 MDH).

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