Le Plan Maroc Vert a-t-il fait des émules?

Le monde rural vit, sans le moindre doute, au rythme de changements structurants qui restent, pour l’heure, difficilement quantifiables. Ces changements hâtés, il faut le reconnaître, par le « Plan Maroc Vert», stratégie volontariste dont la confection a été confiée à des cabinets avant que la mouture initiale ne soit enrichie par l’association des acteurs du développement eux-mêmes, peuvent permettre aux décideurs de mesurer l’ampleur de la dynamique qui a secoué jusqu’aux-tréfonds le Royaume en n’épargnant aucune zone de ce qu’une certaine «bien-pensance » qualifiait de Maroc Inutile.

Plaines comme oasis, montagnes comme vallons, tous les espaces géographiques du pays ont subi, à n’en point douter, les répercussions contrastées d’une révolution agricole qui ne dit pas son nom. Une révolution dont les secousses allaient se régénérer au fil des ans depuis Meknès, ville impériale choisie pour lancer ladite stratégie. Tous les Marocains, qu’ils soient établis en zones urbaines et/ou rurales, savent que le pays vivait depuis 2008 au rythme d’un moussem singulier qui permettait aux uns et aux autres d’évaluer les étapes franchies et de se confronter aux meilleures pratiques agricoles qu’une reproduction locale, même au moyen d’adaptations nécessaires, s’avérerait bénéfique pour l’essor du monde rural.

Si la pandémie a donné un coup de frein au moussem agricole de Meknès, le pays ne s’est pas pour autant astreint à vivre sur les acquis ainsi cumulés au fil des ans. Dans cette course marathon destinée à tirer vers le haut tout un pan de la population marocaine marginalisée, pas de répit pour les décideurs. Et cela se conçoit au regard des attentes qui se font encore sentir dans un monde rural qui vit un développement à plusieurs vitesses. Baptisée « Génération Green», la nouvelle feuille de route décennale dont la validité prendrait fin en 2030 cherche à susciter d’autres lames de fond génératrices de croissance.

L’enjeu étant de raisonner en terme de «durabilité» tout en associant la jeunesse rurale à la mise en place d’une nouvelle économie générant un ruissellement suffisant pour permettre aux paysans de prétendre accéder à plus de richesses. On ose parler « classe moyenne » pour le rural où le «PMV» aurait péché en engraissant davantage les gros propriétaires et/ou exploitants appelés à jouer un rôle socio-économique de premier plan dans ce qu’il a été convenu d’appeler l’agrégation.

En attendant de voir clair, les acteurs se mobilisent pour la nouvelle stratégie mise en branle depuis un an. Et des officiels n’hésitent plus à produire des chiffres qui attestent des bienfaits de la révolution agricole en cours. On tient mordicus à assurer que le revenu des agriculteurs s’est amélioré de plus de 66%, passant en moyenne de 5.700 DH/habitant rural en 2008 à 9.500 DH en 2018. Amélioration imputable aux “différents chantiers menés dans le cadre du PMV, essentiellement les projets relevant du pilier II et l’agrégation ainsi que le programme de développement des filières”. Cette dynamique serait la résultante des investissements publics alloués au secteur agricole mais aussi au soutien à l’investissement privé en plus d’une panoplie de programmes.

Ces derniers ont touché pour l’essentiel l’irrigation, l’extension et la réhabilitation du palmier dattier et de l’arganier, le programme de développement des produits de terroir et la labellisation ainsi que le programme de sécurité sanitaire des animaux. L’effet « ruissellement » du PMV peut également être mesuré à l’aune du SMAG en hausse de 33% dans la même période. Nul doute que beaucoup reste à faire pour faire émerger le monde rural. Mais il faut dire que toute longue marche démarre par le premier mile parcouru. Affaire à suivre.… .

laissez un commentaire

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En savoir plus