Dans un contexte où l’industrie de l’automobile électrique connait un essor important au niveau mondiale, le Maroc pourrait se positionner comme acteur majeur dans la confection des batteries électriques, un marché juteux dominé principalement par les industriels asiatiques. Et pour cause, la convergence entre les opportunités offertes par le marché et les atouts dont dispose le pays en termes de ressources.
Il faut savoir que le Maroc dispose de ressources minières considérables, notamment le Cobalt, la fluorine ou le phosphate, principaux composants des batteries. mais pas que!
Par ailleurs, et en plus d’être au centre de la chaîne d’approvisionnement du fait de ses accords commerciaux, le Maroc est au centre géographique lui assurant ainsi un coût d’importation des matières premières et d’exportation très faible vers les marchés.
A ce titre, le Royaume peut se fournir auprès des pays membres de la ZLECAF en lithium, ou en bauxite. L’accès à ces ressources permet, entre autres, d’exporter les batteries finies à destination de l’Europe, le tout sans barrière douanière ou tarifaire.
Le fait est que pour un nouvel entrant tel que le Maroc, les opportunités de marché ne manquent pas. Après s’être rendue compte de sa trop grande dépendance vis-à-vis de la Chine pendant la crise Covid, la Commission européenne compte étendre la taxe Carbone sur le transport de marchandises. Ce qui confère au Maroc, de part son positionnement géographique, un avantage des plus concurrentiels.
Et si le coût de la main-d’œuvre est toujours d’actualité, même dans l’industrie électrique, il est indéniable que le Maroc peut faire prévaloir des arguments solides. En effet, le coût de main-d’œuvre est non seulement plus bas qu’en Europe, mais aussi plus bas que les zones industrielles en Chine, tout en étant hautement qualifié.
Dès lors, certains leviers sont à activer pour favoriser l’émergence d’un écosystème dédié plus spécifiquement à la voiture électrique. A ce titre, hormis le Mémorandum d’entente entre le Maroc et le géant chinois de la voiture électrique BYD et le lancement par l’industriel MARIBAT de la construction d’une première unité industrielle dans la région de Casablanca, dédiée à la fabrication de composantes des batteries électriques, aucun signe avant-coureur d’une évolution du dossier qui semble gelé aujourd’hui.
De plus, les garanties géographiques et de coûts qui ont convaincu Renault de prendre le risque d’ouvrir la première usine automobile au Maroc, ne sont aujourd’hui manifestement plus suffisantes pour pousser les constructeurs électriques à faire de même.
Dans ce contexte, et afin de tirer avantage des opportunités de marché, tout à écosystème autour de la production de la voiture électrique doit être mis en place. Et la construction d’entreprises nationales dédiée à la production de batterie en plus de MARIBAT, peut donner la garantie de savoir-faire aux grands constructeurs qui, pour beaucoup d’entre eux ignorent les mutations techniques économiques qui se passent en Afrique.
D’autant plus que cet écosystème dédié pourrait bénéficier du projet industriel couplé au Green Energy parc, qui est lui-même le résultat de la synergie entre l’OCP, l’IRESEN et l’Université Mohammed 6 Polytechnique. Ce qui permettrait la formation de techniciens et d’Ingénieurs capables de maîtriser les rouages des évolutions technologiques constantes autour des batteries. Cela permet de casser les biais cognitifs traditionnels de l’Afrique, du sous-développement… qui ont un impact non négligeable sur les investisseurs
D’ailleurs, c’est là où le bas blesse! Le principal problème du Maroc dans cette compétition mondiale à la production réside dans son capital immatériel. Aussi, la présence de ressources minières, d’infrastructures portuaires modernes, de la proximité géographique du marché européen et d’un coût du travail faible, les constructeurs n’ont pas de garantie quant à la qualité de notre main d’œuvre, spécialement sur des productions hautement technologiques comme les batteries électriques.
La piste d’un projet d’usines de production de batterie électrique en partenariat avec le Green Energy Parc est l’une des pistes les plus viables. Certes, cela ne pourra structurellement pas concurrencer les plus grands centres de recherche privés en la matière, il peut néanmoins aider à lancer la production en plus de convaincre les acteurs de la présence de main-d’œuvre qualifiée nécessaire à l’installation d’usines de productions de véhicules électriques.
Quoiqu’ile en soit, le Maroc produisant déjà un très grand nombre de composants automobiles, s’il parvenait à attirer un constructeur de voitures électriques qui fabriquerait les batteries localement grâce aux ressources minières du Royaume, le pays atteindrait certainement un record mondial de taux d’intégration dans l’industrie automobile.










