Sommet de l’UA: Le débat concernant l’accréditation d’Israël a été suspendu

L’UA a choisi de ne pas afficher ses dissensions sur le sujet hautement sensible qu’est ce lui de l’accréditation d’Israël du statut d’observateur puisque certains pays membres estiment qu’elle allait à l’encontre des déclarations de l’UA en faveur des territoires palestiniens.

En juillet dernier, le président de la Commission Moussa Faki Mahamat, avait accepté de conférer à l’Etat hébreu un statut d’observateur auprès de l’organisation aux 55 Etats membres. Une décision qui n’a pas fait l’unanimité.

En effet, plusieurs d’entre eux, dont l’Afrique du Sud et l’Algérie, s’étaient insurgés, estimant que ce choix allait à l’encontre des déclarations de l’organisation soutenant les territoires palestiniens.

A ce titre, ces deux pays ont fait pression pour inscrire ce sujet à l’ordre du jour du sommet. Un débat était prévu dimanche après-midi, mais il a été « suspendu », ont annoncé des sources diplomatiques à l’Agence France-Presse (AFP).

A la place, un comité va être créé « pour étudier la question ». Celui-ci comprendra l’Afrique du Sud et l’Algérie, mais aussi le Rwanda et la République démocratique du Congo, qui soutiennent la décision de Faki, ainsi que le Cameroun et le Nigeria, selon les diplomates interrogés.

Le ministère des affaires étrangères israélien a estimé que l’UA « a[vait] rejeté les tentatives de l’Algérie et de l’Afrique du Sud de révoquer l’acceptation de l’Etat d’Israël en tant qu’observateur », dans un communiqué annonçant que les conclusions du nouveau comité seront connues lors du prochain sommet de l’UA, en 2023. Ce report évite la possibilité d’un vote qui, selon de nombreux analystes, aurait pu provoquer une scission sans précédent dans l’histoire de l’UA, qui fête ses 20 ans.

Dans un discours à huis clos samedi, Moussa Faki a justifié sa décision, rappelant que 44 Etats membres « reconnaissent Israël et ont établi des relations diplomatiques avec cet Etat ». Une accréditation d’Israël, octroyée depuis 2013 aux territoires palestiniens, s’inscrit également « dans le soutien solennel à la solution des deux Etats », a-t-il affirmé.

Dans un discours samedi, le premier ministre palestinien, Mohammad Shtayyeh, avait demandé aux dirigeants africains de retirer l’accréditation d’Israël, estimant que l’Etat ne doit pas être « récompensé » pour son « régime d’apartheid », reprenant une formule d’un récent rapport d’Amnesty International.

Moussa Faki a assuré que l’engagement de l’UA dans la « quête d’indépendance » des Palestiniens était « immuable et ne peut que continuer à se renforcer ». Mais l’accréditation d’Israël peut constituer, selon lui, « un instrument au service de la paix ». Les Etats non africains accrédités peuvent assister à certaines conférences, accéder à des documents non confidentiels de l’UA et présenter des déclarations lors de réunions les concernant.

Aucune échéance n’a été annoncée pour trancher cette question. Ce qui a exaspéré la ministre sud-africaine des Affaires étrangères. Dans des déclarations à la chaîne Al Jazeera, Naledi Pandor, a réclamé une date précise pour retirer l’accréditation à l’Etat hébreu. «On ne peut pas rester comme çà. J’espère qu’une décision sera prise lors du prochain sommet de l’UA», a-t-elle indiqué.

Du côté de l’Algérie, grande partisane du retrait de ce statut, son agence de presse officielle, a parlé d’une «suspension» du statut d’observateur octroyé à Israël. Pour rappel, le président Tebboune n’a pas participé au sommet de l’UA et au débat sur cette question.

 

Recevez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous maintenant.

laissez un commentaire

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En savoir plus