Pourquoi le recours à la planche à billet est inenvisageable

Si la tâche semble ardue s’agissant du financement du budget de l’Etat qui s’élève à plus de 164 milliards de dirhams, le recours à la planche à billet est une limite que le gouvernement actuel ne compte pas franchir. Et pour cause l’impact négatif que cela pourrait produire sur l’économie en général.

La question est tranché! Si recours à la Banque central il y aura, cela sera sous forme  de facilités de caisse fixées à 5% des ressources fiscales réalisées durant l’année budgétaire achevée. C’est ce qui ressort de la déclaration de Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des Finances. D’autant plus que cette pratique a été abandonnée depuis 2006, et ce malgré la crise relative à la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19).

D’ailleurs, le recours à Bank Al-Maghrib (BAM) pour couvrir les besoins de financement du Trésor, la ministre a expliqué que les dispositifs de l’article 69 de la loi organique de BAM, entrée en vigueur le 15 juillet 2019, ne permettent pas à cet établissement de financer le déficit à travers l’achat direct des titres de dettes émis par l’État, ou d’accorder des aides financières.

Ce cadrage met d’emblée un terme à toute spéculation sur la possibilité de recours à la planche à billet pour financer le déficit budgétaire. Une décision qui tombe sous le sens eu égard aux conséquences dévastatrices d’une telle démarche.

En effet, les expériences de quelques pays en développement dans le recours au financement direct, à travers l’émission des billets de banque pour financer les dépenses publiques et le déficit du budget, ont démontré leur inefficacité et ont eu comme répercussions, l’augmentation de l’inflation, la perte de confiance dans la monnaie nationale et la baisse des réserves de change, en plus de donner un signe négatif aux agences de notation et aux investisseurs, et de porter atteinte à la crédibilité et l’indépendance de la Banque centrale.

Aussi, les Banques centrales de ces pays ont été contraintes, en fin de compte, de délaisser ce mécanisme suite à la dégradation de la situation macro-économique.

Par ailleurs, N. Fettah Alaoui a mis en exergue l’indépendance de BAM dans la gestion de la politique monétaire comme un acquis important qu’il faut préserver, au regard de son importance dans le renforcement du passage des décisions de la politique monétaire à l’économie réelle.

Ainsi, il s’avère difficile de reconsidérer la loi organique de BAM pour permettre au gouvernement de financer les besoins de l’État, sans oublier les effets négatifs pouvant résulter de ce choix, a-t-elle conclu.

 

 

Recevez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous maintenant.

laissez un commentaire

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En savoir plus