Les résultats trimestriels confirment la résilience des banques face à la conjoncture

L’allègement du coût du risque et à la bonne tenue des revenus ont permis aux établissements cotés d’améliorer leurs profits de 30%. Tout de même, des doutes subsistent quant aux performances du secteur en raison de la croissance limitée et l’inflation dans le Royaume.

En début d’année, aucun scénario ne pouvait anticiper une guerre en Europe, un baril de pétrole à 120 dollars, une envolée des cours des denrées alimentaires, la persistance des blocages dans les chaînes d’approvisionnement, une inflation à des sommets, une prévision de croissance amputée de pratiquement moitié…

Pourtant, c’est dans cet environnement qu’évoluent les entreprises depuis plusieurs mois. Les résultats trimestriels des sociétés cotées livreront de premiers enseignements sur l’impact du retournement de conjoncture. En attendant, des signaux précurseurs émanent des comptes des banques puisqu’ils reflètent, dans une certaine mesure, la santé de l’économie.

Sur les trois premiers mois de l’année, le secteur a délivré une performance plutôt solide marquée par une hausse de 30% des bénéfices des établissements cotés (hors BMCI). Ensemble, Attijariwafa bank, BCP, BOA, Crédit du Maroc et CIH Bank ont dégagé un profit de 3,2 MMDH, avec une croissance respective de 20%, 66% et 9% pour les trois grands réseaux.

Malgré la dégradation des perspectives économiques, le coût du risque a poursuivi sa baisse un peu partout avec une amélioration de 23% pour BCP et de l’ordre de 9% pour Attijariwafa bank et Bank Of Africa. Celui du Crédit du Maroc a décru de 77% en raison, notamment, des changements des paramètres de calcul des provisions sur les encours sains (Bucket 1 et 2).

En revanche, le coût du risque s’est inscrit en hausse de 9% à CIH Bank. Hors de la cote, l’indicateur s’est amélioré de 7,7% chez Société Générale Maroc. Sur l’ensemble de l’année, les analystes anticipent une amélioration du coût du risque des établissements cotés.

Toutefois, il resterait au dessus des niveaux pré-covid avant un retour à la normale espéré en 2023. Cette situation maintiendrait les bénéfices sectoriels en dessous de leur niveau pré-pandémie, soit 9,8 MMDH selon BKGR.

Bonne tenue des revenus

Au premier trimestre, les résultats du secteur ont bénéficié de la bonne tenue des revenus. Le produit net bancaire s’est établi à 16,6 MMDH pour le groupe des cinq, en hausse de 5,2%. La marge d’intérêt, sa principale composante, a progressé de 6,5% grâce, essentiellement, à l’afflux de demandes de crédit de trésorerie au Maroc.

’encours des prêts aux agents non financiers a augmenté de 2,9% à fin mars, sur un an, dont une croissance de 4,7% du total des prêts accordés aux entreprises privées, lui-même tiré par la hausse des facilités de trésorerie. Les concours aux ménages, eux, ont progressé de 3,5%. Après la baisse de régime en 2020, due à la conjoncture et aux mesures de soutien à la clientèle déployées par les banques, les commissions continuent de se développer à un bon rythme chez la plupart des opérateurs.

Par contre, le résultat des activités de marché a ralenti la croissance des revenus au premier trimestre, lequel pâtit de la remontée des taux d’intérêt. Sur l’ensemble de l’année, il est cependant attendu en hausse de 3%, par les analystes de BKGR.

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