Les partis politiques à l’épreuve du nouveau modèle de développement

Les recommandations émises par la Commission spéciale sur le modèle de développement devront orienter les feuilles de routes des partis politiques, à l’heure où ils sont en train de finaliser leurs programmes électoraux.

C’est à une véritable rupture qui est désormais attendue dans la conception des programmes des partis, base essentielle sur laquelle la classe politique gagne la confiance des électeurs. Que ce soit pour la majorité ou l’opposition, l’intégration des principes de base du Nouveau modèle dans l’ensemble des projets socio-économiques sur lesquels les partis politiques s’engagent durant la période électorale est une finalité cruciale pour que ce nouveau modèle puisse prendre vie.

Les réactions des instances dirigeantes des grandes formations politiques représentées au sein des deux chambres du parlement montrent, en effet, à quel point l’adaptation des programmes des partis politiques aux priorités de cette vision reste une grande priorité, à moins de quatre mois du nouveau mandat législatif et régional.

Il s’agira, en effet, de transposer l’ossature du Nouveau modèle de développement aux mesures économiques et sociales préconisées par les partis politiques au double niveau national et local. Objectif: renforcer la régionalisation avancée et l‘autonomie de prise de décision par les instances élues.

« Il y a une forte volonté collective pour le changement et pour la restauration de la confiance des citoyens et d’entamer aussi une coupure avec les politiques qui ont conduit à l’aggravation des inégalités spatiales et sociales », a indiqué Nizar Baraka à l’issue de la présentation du rapport de la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD) au roi.

Pour le chef de file de l’Istiqlal, deuxième formation de l’opposition parlementaire, il existe une réelle volonté d’aboutir à un compromis national qui déboucherait sur un nouveau contrat social. Le même souci est exprimé par le PAM. Pour le secrétaire général du parti du tracteur, Abdellatif Ouahbi, «le rapport effectue une lecture précise des nécessités actuelles, en vue de dépasser la période difficile traversée par le pays. Le rapport traduit aussi la somme des efforts qui ont été déployés pour aboutir à une vision futuriste».

Les grandes priorités des partis

À l’heure où les principales formations ont presque finaliser eurs programmes électoraux, le principal challenge consiste à mener une course contre la montre pour pouvoir adhérer à ce nouveau modèle. Il faut dire que l’apport de la vision ficelée par la CMSD consiste à mettre en valeur le rôle des partis politiques dans le façonnement des mesures d’accompagnement du chantier national de généralisation la couverture sociale, ainsi que les programmes qui devront tracer la voie des cinq prochaines années.

Les partis politiques seront aussi appelés à proposer de nouvelles pistes pour les modèles de croissance des deux secteurs agricole et industriel. Le nouveau modèle tracé par la CMSD veut, en effet, rompre avec la dépendance de l’économie nationale des aléas climatiques, et consolider les bases du modèle industriel.

Parmi les questions cruciales, figure notamment l’impact de la pandémie mondiale qui fait peser sur les industriels marocains plusieurs contraintes qui menacent la consolidation du modèle national. De même, les mécanismes de soutien dédiés aux secteurs employeurs restent embryonnaires en raison du doute que fait encore peser la pandémie sur leur reprise. C’est pour dire que l’adaptation des programmes phares qui seront présentés durant la période électorale devra non seulement se faire efficacement, mais aussi dans un laps de temps réduit, ce qui nécessite une grande mobilisation au sein des partis politiques. 

Le monde rural, toujours prioritaire

L’élan réformiste enclenché par le Nouveau modèle de développement devra indéniablement se concrétiser dans les politiques de développement pensées en faveur du monde rural. La question reste prioritaire pour les acteurs politiques qui devront mobiliser les profils adéquats à même de mener à bien les chantiers sociaux et économiques conçus pour le monde rural durant le prochain mandat.

Parmi les exigences imposées par le Nouveau modèle de développement, figure également le nécessaire compromis entre les formations politiques autour d’une vision qui s’étale sur plusieurs mandats, et qui dépasse ainsi l’étroite logique de la course aux sièges parlementaires et régionaux. Les constantes de l’action partisane devront ainsi, dorénavant, englober les recommandations émises par la Commission spéciale sur le modèle de développement, dans l’optique de finaliser des programmes électoraux qui soient à la hauteur des attentes du pays.

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