Le rayonnement culturel du Maroc, l’autre défi de l’exécutif

En plus des mesures effectives qui sont dans le pipe, l’exécutif se penchera sur l’élaboration d’une stratégie intégrée visant à définir les principales orientations du Maroc en matière culturelle. C’est ce qu’a indiqué, lundi à Rabat, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch.

La stratégie que compte mettre en place le gouvernement Akhannouch sera élaborée à partir d’un diagnostic de la situation et de l’élaboration d’une vision stratégique à même de promouvoir ce secteur ainsi qu’un cadre institutionnel et légal destiné à en assurer l’accompagnement.

En réponse à une question centrale sur “le rayonnement culturel national et le soutien des économies culturelles” lors de la session mensuelle des questions orales adressées au chef de gouvernement à la Chambre des représentants, A. Akhannouch a souligné que dans le cadre de ladite stratégie, il sera procédé, dans les jours qui viennent, à l’opérationnalisation de plusieurs mesures réalistes visant à garantir les droits culturels de tous les citoyens ainsi qu’au renforcement de la participation effective des jeunes, des enfants, des femmes, des personnes âgées et des personnes en situation de handicap à la pratique culturelle.

Parmi ces mesures, a-t-il dit, figure la création d’un label “Tamayouz” (Excellence) pour les différentes composantes du patrimoine culturel national, en plus d’un label similaire, intitulé “Musée du Maroc” et octroyé par la Fondation Nationale des Musées (FNM) aux propriétaires des musées privés conformément à un cahier de charges, ajoutant que l’obtention de ce label permettra de bénéficier d’aides financières allouées par l’Etat, les collectivités territoriales et les établissements publics, ainsi qu’un appui scientifique et technique de la FNM, en plus de la possibilité d’inclure le musée labellisé dans les circuits programmés aux touristes.

A la faveur de ce label, les musées peuvent être proposés pour figurer dans le patrimoine culturel national ou international, outre la possibilité de bénéficier d’un motivant régime fiscal, a-t-il ajouté.

Lesdites mesures, a poursuivi le chef de gouvernement, portent également sur le renforcement de l’infrastructure culturelle, la réduction des disparités spatiales en couvrant le territoire national à l’appui d’institutions de proximité, la diversification de l’offre culturelle et le développement des économies culturelles dans les domaines de la création, des arts et du patrimoine, en coordination avec les partenaires nationaux et internationaux.

Il s’agit, en outre, de l’encouragement des nouveaux métiers qui permettent l’emploi de jeunes dans tous les secteurs culturels, en collaboration avec les différents intervenants, à travers le soutien des industries culturelles dans les domaines du théâtre, du livre, de l’édition, de la musique, des arts chorégraphiques, des arts plastiques et visuelles, des associations culturelles et des festivals, en plus du lancement d’initiatives visant à créer des postes de travail pour les jeunes, en concluant des partenariats entre les centres culturels et les maisons des jeunes relevant du ministère et les jeunes porteurs de projets culturels à travers les programmes “Awrach” et “Forsa”.

A. Akhannouch a aussi annoncé l’organisation d’une manifestation théâtrale annuelle sous le thème “le théâtre en mouvement”, qui vise à filmer 60 pièces théâtrales et à acquérir leurs droits de diffusion à travers les chaînes de la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT) et moyennant la plateforme numérique du département de la culture.

Pour ce qui est du chantier national de la généralisation de la protection sociale, A. Akhannouch a indiqué que le gouvernement œuvre actuellement à parachever les mesures de protection sociale au profit des artistes, un décret étant en cours d’élaboration pour permettre aux catégories des professionnels, aux travailleurs indépendants et aux non-salariés qui exercent une activité privée en lien avec les professions artistiques d’en bénéficier.

Il a également noté qu’un projet de loi est également en cours d’élaboration pour la création et l’organisation d’une institution dédiée aux artistes et créateurs marocains, qui sera placée sous l’égide du ministre de tutelle et dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière, le but étant d’améliorer les conditions sociales et matérielles de cette catégorie et de rendre hommage et faire connaître leurs œuvres et réalisations, en plus de leur fournir des prestations sociales et à leurs ayants droit, notamment la prise en charge complète de ceux en situation vulnérable.

Partant du rôle que joue la diplomatie culturelle dans la promotion de l’image du Maroc sur la scène internationale, le chef du gouvernement a souligné que l’Exécutif œuvrera conformément aux hautes orientations Royales à renforcer l’action visant à assurer la promotion du modèle marocain, qui puise sa force et sa richesse des profondes réformes démocratiques que connaît le Royaume sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, et à faire connaitre les grands chantiers de développement en cours dans divers domaines, notamment le développement humain, la promotion du tourisme, le développement durable et les énergies renouvelables.

Le gouvernement, a poursuivi A. Akhannouch, planchera également sur le renforcement de la présence de la culture marocaine au-delà des frontières, – ce qui nécessite la mise à profit de toutes les opportunités et compétences dont regorge le Royaume -, à commencer par le renforcement des rôles de la communauté marocaine à l’étranger, outre l’appui aux rôles des institutions et instances officielles qui les représentent et des associations des Marocains du monde, et ce en vue de conférer davantage de rayonnement à la culture marocaine et refléter les multiples facettes et la diversité qui marquent la culture et la société marocaines.

Par ailleurs, le chef du gouvernement a relevé que l’Exécutif continuera à mettre en application les dispositions de la loi organique N° 26.16 définissant le processus de mise en œuvre du caractère officiel de l’amazigh, afin de donner à la langue et à la culture amazighes la place qui leur convient, car considérées comme patrimoine commun à tous les Marocains, et à officialiser l’intégration de l’amazigh dans le système de l’éducation et les autres secteurs prioritaires de la vie publique.

Lors de cette session, A. Akhannouch a noté que la valorisation du capital culturel est aussi tributaire du développement du secteur du livre et du fait de lui accorder davantage d’intérêt car représentant l’un des principaux piliers pour mettre en exergue le rayonnement culturel du Royaume, relevant également qu’on ne peut parler de politique culturelle sans le cinéma et la contribution de celui-ci à forger l’image mentale du patrimoine, de la civilisation et de la richesse de la culture marocaine.

Le chef du gouvernement a, en outre, réitéré la volonté ferme du gouvernement d’insuffler une nouvelle dynamique au champ culturel et créatif en accompagnant la politique d’inauguration des grands théâtres, menée sous l’impulsion de SM le Roi, relevant dans ce sens que le l’Exécutif se penche actuellement sur l’élaboration d’une vision nouvelle et ambitieuse pour la création de théâtres régionaux et provinciaux et l’ouverture de salles de cinéma en vue de renforcer la justice spatiale en la matière, et ce moyennant l’exploitation de 150 maisons des jeunes et de la culture.

Politiquement résolu et doté de forces de proposition, a affirmé A. Akhannouch, l’Exécutif est déterminé à ériger la culture en élément axial de toutes les politiques publiques, partant du souci du gouvernement de promouvoir les valeurs d’appartenance à la patrie, de valoriser les langues nationales et la mémoire culturelle commune, en plus de rester fidèle à la créativité marocaine.

Tout cela, a-t-il conclu, en favorisant les conditions de la promotion de la culture dans le cadre d’une complémentarité entre les volets institutionnel-structurel et législatif-administratif afin de renforcer le rôle de la culture dans la vie sociétale des Marocains et cimenter la place du Maroc comme pays de coexistence et de tolérance, rappelant que le patrimoine culturel et les composantes de l’identité nationale ont toujours fait du Royaume du Maroc un phare civilisationnel et culturel unique qui se distingue dans son environnement arabe, africain et méditerranéen.

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