Au premier trimestre 2025, le Maroc enregistre 4,8 % de croissance, porté par le dynamisme du BTP (+6,3 %), l’explosion de l’hôtellerie-restauration (+9,7 %) et le rebond agricole (+4,5 %), tandis que le secteur extractif gagne +6,7 % et que les technologies de l’information stagnent à +0,5 %, le transport plafonnant à +4 %. Entre moteurs puissants et freins structurels, ce focus sectoriel révèle les pôles d’excellence et les fragilités qu’il faudra corriger pour un développement plus équilibré.
BTP et industrie : des piliers solides
La valeur ajoutée du secteur secondaire a crû de 4,5 %, soutenue par un BTP en hausse de 6,3 % et des industries de transformation à +3,4 %. Labor omnia vincit : le travail vient à bout de tout. L’automobile, fer de lance des exportations, reste un atout majeur, mais la prédominance des segments à faible valeur ajoutée incite à accélérer la montée en gamme et l’innovation pour consolider cet élan.
Tourisme et agriculture : duo gagnant
L’hôtellerie-restauration explose à +9,7 % grâce au retour massif des visiteurs internationaux, tandis que l’agriculture, après une année 2024 difficile, redresse la barre avec +4,5 %. Comme le soulignait Amartya Sen, « le développement doit être évalué par l’expansion des libertés réelles » : ici, la diversification des offres touristiques et la modernisation des exploitations agricoles ouvrent de nouvelles perspectives pour les territoires.
Phosphates et mines : une reprise modérée
Le secteur extractif progresse de 6,7 %, contre +19,1 % un an plus tôt, traduisant un palier après l’effervescence passée. Cette stabilisation met en lumière la nécessité d’investir dans la transformation locale plutôt que dans l’export de matières brutes. Jean-Jacques Rousseau rappelait que « l’homme naît libre, et partout il est dans les fers » ; un modèle industriel trop dépendant des fluctuations mondiales reste ainsi prisonnier de sa propre logique.
Tech et transport : zones de fragilité
Les technologies de l’information stagnent à +0,5 % et le transport n’affiche que +4 % contre +6,5 % précédemment. Cette sous-performance souligne l’urgence de renforcer les infrastructures numériques et logistiques, de former de nouvelles compétences et de favoriser l’éclosion d’écosystèmes tech pour accompagner la transition vers une économie plus digitale et résiliente.
Vers un équilibre durable
Pour envisager une croissance durable et inclusive, il faut conjuguer montée en gamme industrielle, valorisation des chaînes de valeur locales et essor des services numériques. Joseph Schumpeter nous enseignait que « la destruction créatrice est le moteur de l’innovation » ; le Maroc doit donc allier dynamisme des secteurs traditionnels et ouverture à l’inédit pour bâtir son avenir économique.
Reste à transformer cette mosaïque sectorielle en un moteur de développement résilient. La grande question demeure : comment faire de cette croissance un levier vraiment inclusif et moins vulnérable aux chocs externes ?










