Les chefs d’entreprise marocains continuent à être préoccupés par la situation économique mais sont optimistes quant à la performance de leurs entreprises à l’échelle individuelle et à l’avenir, tel est le premier constat du baromètre de conjoncture lancé, en avril dernier, par la CGEM, pour évaluer la conjoncture économique et déterminer les sujets prioritaires à mettre au centre de l’action de la Confédération.
Cette enquête qui s’articule autour de 3 axes à savoir, la situation économique et performance individuelle, investissement, R&D et outils de soutien et environnement des affaires, a connu la participation d’un panel de 1200 répondants répartis sur toutes les régions du Maroc.
D’un point de vue régional, trois régions se distinguent par une perception de la situation économique actuelle et future plus positive que les autres.
La CGEM estime qu’il y a une corrélation directe entre la taille de l’entreprise et sa perception de la conjoncture. En d’autres termes, plus l’entreprise est grande, meilleure est sa perception de la conjoncture.
Difficultés de trésorerie
Il ressort également de ce baromètre une dégradation marquée de la trésorerie des entreprises répondantes et de leur rentabilité en raison de l’impact de la crise sanitaire du Covid-19, avec une légère amélioration attendue sur les six prochains mois. Malgré ces difficultés, les équilibres d’emplois semblent être préservés, observe la CGEM.
Pour faire face à ces difficultés, plus d’un tiers des répondants ont fait appel aux crédits Damane Oxygène et Relance : 64% continuent à rembourser leurs crédits, avec un impact significatif de la hausse du taux directeur, ressenti sur les taux d’intérêt. Les principaux secteurs sont le textile; l’électricité et électronique; le commerce et services; l’agro-alimentaire et le BTP.
La volonté d’investir toujours présente
En termes de projection d’investissement, 64% des répondants ont déclaré vouloir investir dans les douze prochains mois. 93% des investissements fermes ou possibles sont projetés dans six régions :Casablanca-Settat; Marrakech-Safi; Tanger-Tétouan-Al Hoceima; Fès-Meknès; Rabat-Salé-Kénitra et Souss-Massa. Ces investissements ciblent les secteurs du commerce et services; tourisme et agro-alimentaire.
Seulement 8% de projets d’investissement sont de plus de 50 millions de dirhams. Ces projets concernent les domaines du pharmaceutique; de l’agroalimentaire, du BTP, des matériaux de construction, de l’automobile, de l’énergie et du secteur financier.
Malgré ces prévisions, il subsiste une méconnaissance importante des dispositifs d’accompagnement à l’investissement, avec seulement 40% des répondants connaissant la Charte de l’investissement et moins de 23% se disant familiers avec le programme « Tatwir R&D et Innovation », poursuit la CGEM.
L’inflation sources d’inquiétude
Parmi les principales inquiétudes signalées par les répondants concernant l’environnement des affaires, figurent l’inflation, la concurrence déloyale de l’informel, la pression fiscale, la difficulté d’accès au financement et le coût du foncier.
La décarbonation arrive parmi les derniers enjeux mentionnés par les entreprises, avec seulement 34% d’entre elles ayant engagé des actions pour adresser ce défi durant les douze derniers mois, note la CGEM.
Les insights de ce baromètre viendront enrichir la feuille de route de la CGEM et appuyer ses plaidoyers lors des discussions avec l’Etat en faveur de l’instauration d’un climat des affaires favorable à l’investissement et d’une relance économique rapide et durable, conclut la même source.










