Tourisme: Les opérateurs pourront-ils survivre à nouvelle fermeture de frontière?

L’annonce de la suspension des lignes aériennes et maritimes suite au risque sanitaire lié au nouveau variant Omicron, est tombée comme un coup de massue sur les opérateurs du secteur du tourisme qui commence à douter sérieusement de la résilience du secteur déjà mis à mal par deux ans de crise.

Si l’éclairci semblait se profiler pour les opérateurs touristiques avec un pseudo retour à la vie normal, voilà que ce nouveau variant vient semer le doute sur une reprise tant attendue.

Depuis l’annonce de la suspension des lignes aériennes et maritimes, le secteur s’attend à passer les pires fêtes de fin d’année en termes d’arrivées étrangères. Malgré le renfort du tourisme interne mis en avant par la ministre de tutelle, un membre de la CNT prédit une perte de 1 milliard de dirhams pour la seule dernière semaine de décembre.

Des faillites et des pertes colossales en vue

Avec 500.000 employés, 8 milliards de dollars de recettes en devises et une valeur ajoutée représentant jusqu’à 5% du PIB, le tourisme s’apprête à clore, en mars 2022, deux années d’une crise historique dont personne n’est capable de prédire la fin. Sans autre proposition qu’un soutien financier rapide de l’État, le risque de faillite quasi générale est des plus latents.

En effet, ce n’est pas un secret pour personne , la mobilité géographique est vitale pour un secteur qui fonctionne avec des programmations saisonnières. Et la fermeture générale des frontières entrée en vigueur ce lundi 29 novembre, sans aucune date précise de réouverture, ne manquera pas d’aggraver sa situation et d’éloigner encore une fois la reprise tant espérée.

Concrètement, en prévision d’une reprise du tourisme international suite à l’allégement des restrictions sanitaires, nombreux sont les hôteliers qui ont investi des millions de dirhams. Et avec un taux d’annulation étrangères de 100%, le retour sur investissement est quasi impossible.

Entre les opérateurs qui travaillent avec le marché français (40% du tourisme du Maroc) et ceux qui accueillaient les clients anglais, allemands et hollandais (60% au total), le secteur va perdre au bas mot un milliard de dirhams pour les fêtes de fin d’année. Avec 100 000 arrivées attendues avec un dépense moyenne de 10 000 dirhams le calcul est vite fait!

Le fait est que sans une intervention rapide des autorités de tutelle le secteur court à la catastrophe. Surtout que la thèse de recourir au tourisme interne est loin de pouvoir atténuer l’onde de choc.

Le tourisme domestique incapable de limiter les dégâts

Les habitudes de consommation des marocains sont là pour étayer cette état de fait. Si l’on prend en considération le fait que  la majorité des nationaux voyagent durant les deux mois d’été, saison qui pèse 50% du tourisme local annuel, et que la moitié restante vient du tourisme d’affaires local (congrès…), il ne restera donc que quelques week-ends.

Et l’expérience passée à démontrer que cela n’est guère suffisant puisque les touristes locaux n’ont représenté que  30% de l’activité annuelle en 2019. Et malgré la volonté ministérielle de booster le tourisme local avec des promotions spéciales, cela ne sera jamais suffisant pour combler les 100.000 arrivées étrangères qui étaient attendues. Partant de là, il est évident que la saison hivernale, qui avait bien démarré en termes de réservations, est d’ores et déjà enterrée.

En plus, l’éventualité d’un rebond du tourisme interne pour combler l’absence d’arrivées étrangères est sérieusement compromise avec l’annulation durable des grands événements (Festival Mawazine, Festival Gnaoua d’Essaouira, matchs de football…).

Sachant qu’avec le nouveau variant Omicron, un retour au confinement mondial n’est pas exclu, il paraît encore prématuré de se projeter avec un scénario de reconversion qui limiterait les dégâts ou enclencherait un retour progressif vers la normale.

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