Le 6 juillet 2025, Mohamed Talal a annoncé sa démission de porte-parole du Wydad, évoquant des « raisons strictement personnelles » tout en dénonçant un climat de travail délétère au sein du bureau dirigeant. Les tensions se sont cristallisées lors de la Coupe du monde des clubs aux États-Unis, où la présence d’agents de joueurs dans l’hôtel de l’équipe a été vécue comme une ingérence inédite dans la préparation sportive. Plusieurs proches du club confirment un manque de cohésion et une gouvernance défaillante, suscitant l’inquiétude des supporters et des partenaires institutionnels.
Gouvernance fracturée et responsabilités diluées
Selon un dirigeant sous couvert d’anonymat, seuls trois membres du bureau prennent réellement part aux décisions stratégiques ; le reste du conseil serait « titulaire d’un titre sans accès aux dossiers » et souvent tenu à l’écart des discussions clés. Le président, réputé pour son style «théâtral », tergiverse sur les enjeux majeurs et peine à arbitrer les conflits d’intérêts, fragilisant la cohésion d’équipe et la visibilité du projet sportif.
Pour rappel, lors de la Coupe du monde des clubs à Fort Lauderdale en juin 2025, trois agents de joueurs ont été logés au même hôtel que l’effectif professionnel, en dépit du règlement interne du club. Ce choix, qualifié d’« étranger à la culture du Wydad », a ravivé des rancœurs anciennes et remis en cause l’indépendance des décisions de recrutement et de préparation physique.
“Raisons personnelles” et vérités partagées
Dans son communiqué, Talal insiste sur le respect mutuel qui le lie au président et à l’ensemble de la famille widadie, tout en affirmant sa volonté de voir le club « retrouver son unité ». Mais derrière cette posture, plusieurs sources pointent une accumulation de frustrations : rivalités entre vice-présidents, absence d’un organigramme clair et manque de transparence sur les budgets alloués aux transferts et à la formation des jeunes talents.
Conséquences
La vacance de la parole officielle, à l’approche du mercato estival et des prochaines phases de la Ligue des champions d’Afrique, inquiète les fans. Privés de relais d’information fiables, ils craignent que cette crise puisse déstabiliser les joueurs et freiner les ambitions sportives du club, déjà confronté à une concurrence accrue sur le plan continental.
Pour sortir de l’impasse, d’anciens cadres du Wydad et des sponsors historiques plaident pour la création d’un comité de crise indépendant, composé d’anciens joueurs, de membres de la fédération et d’experts en gouvernance sportive. Objectif : définir un règlement intérieur strict encadrant l’accès des agents, clarifier les attributions de chaque membre du bureau et relancer un projet sportif partagé par l’ensemble des parties prenantes.
Le Wydad doit désormais transformer ce séisme interne en opportunité de renouveau et restaurer la confiance de ses supporters pour retrouver son rang dans le football marocain et africain.










