Bilan

« Riaya », la carte électronique pour améliorer l’accès aux soins au Maroc

Protection sociale

La réforme du système de la santé est au cœur du nouveau programme gouvernemental. Pour la mener à bien, Akhannouch a listé, lundi 11 février, une série d’éléments de réforme, notamment la création de la carte « Riaya ». Celle-ci permettra de réduire les dépenses directes des patients en services de santé. Une annonce qui est accueillie favorablement par le corps médical et les assureurs. Explications.

La réhabilitation du système national de santé, en vue de la généralisation de la protection sociale, est l’un des piliers du nouveau programme gouvernemental pour le quinquennat 2021-2026.

Lors de sa présentation, lundi devant les deux chambres du Parlement, le nouveau chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, s’est dit conscient de l’importance de ce chantier. Il s’est ainsi engagé à renforcer le service public de santé, en mettant en œuvre un plan ambitieux qui vise à répondre à l’urgence à court terme, tout en se donnant les moyens de développer l’offre de santé sur le long terme.

Les éléments de base de la réforme du système de santé sont nombreux, et la création d’une carte électronique de soins pour réduire les dépenses directes des patients en services de santé en fait partie.

En quoi consiste la carte « Riaya » ?

Cette carte fait partie des promesses du RNI, lors de sa campagne électorale. L’annonce avait été faite la première fois au terme du programme « 100 jours, 100 villes », lancé par le parti pour recueillir les propositions et les priorités des habitants des villes marocaines, en particulier des petites et moyennes villes.

L’accès difficile aux soins, notamment dans le milieu rural, l’engorgement des urgences, le retard des remboursements, le manque de moyens financiers et l’accès à l’historique médical du patient sont autant de difficultés relevées par les Marocains dans le secteur de la santé.

Pour y remédier, le RNI s’est engagé à créer « Riaya« , l’équivalent de la carte Vitale en France.

Dans le détail, c’est une carte électronique qui regroupe toutes les informations personnelles du patient (nom, prénom, date de naissance…), ainsi que son historique médical. A terme, elle permettra à l’ensemble des citoyens de bénéficier de soins partout au Maroc, chez leur médecin de famille ou dans les CHU. Les médecins pourront accéder à l’historique médical du patient et lui délivrer le soin et les médicaments adéquats.

La carte « Riaya » permettra également aux citoyens marocains de contourner les obstacles administratifs, en mettant notamment fin au dépôt des chèques de garantie, et en leur évitant d’avancer, totalement ou partiellement, les frais médicaux. Les patients pourront aussi retirer leurs médicaments auprès des pharmacies sans les payer s’ils sont remboursables; les frais des médecins et pharmaciens étant directement versés par la CNSS ou par la CNOPS.

Pour éviter les engorgements au niveau des urgences, elle donnera la possibilité au médecin de famille de prendre un rendez-vous pour son patient auprès d’un spécialiste ou du CHU. Dans un premier temps, elle sera mise en place pour les nouveaux-nés, avant d’être généralisée à tous les Marocains, à l’horizon 2024.

Le parcours de soins sera plus simple et plus fluide, et surtout directement pris en charge par l’organisme gestionnaire de l’AMO.

Si le corps médical est en faveur de cette carte, il appelle d’abord à l’accélération des chantiers d’envergure

Chantiers préalables

En effet,  de nombreux préalables doivent être mis en place, à leur tête l’accélération du chantier de la couverture sanitaire universelle lancée par le Roi Mohammed VI dans le cadre de la protection sociale, dont le délai est fixé à fin 2022. Dès lors, On ne peut pas donner cette carte à une personne qui ne dispose pas de couverture maladie.

L’accélération de la digitalisation est également un chantier prioritaire. En effet, la pandémie du Covid a montré l’importance de la digitalisation. Dans le nouveau gouvernement, une nouvelle ministre s’occupera uniquement de la transition numérique  ce qui est une excellente chose pour le Royaume. Aussi, pour faciliter la mise en place de la carte « Riaya », il  est important de mettre le cap sur le digital au niveau des cabinets et des pharmacies pour éviter la paperasse .

Autre chantier important reste celui de la revalorisation du tarif national de référence, qui n’a pas bougé depuis 2006. La loi stipule une revalorisation tous les trois ans. On devrait actuellement en être à la sixième, mais on n’en a fait aucune.

Dématérialiser la relation assureur-assuré

Les acteurs du secteur des assurances sont ravi de cette annonce. Ils estiment que cette carte permettra d’accélérer le chantier de dématérialisation de la relation qui relie les assureurs et les assurés, entamé par certains assureurs depuis quelques années. E effet, la mise en place de cette carte permettra d’éviter tous les dossiers et la paperasse, ainsi que les files d’attente et les allers-retours des patients aux agences des assureurs, et donc de fluidifier les choses.

Certes, tel que présenté, ça a l’air d’un outil qui simplifiera les procédures. A présent, il convient de voir ce qu’il y a derrière ce dispositif. Les patients devront à terme pouvoir se rendre chez les médecins sans payer. D’un point de vue réglementaire et juridique, il devrait y avoir tout un dispositif pour gérer les paiements entre les assureurs, les médecins et les pharmacies…

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