La généralisation de l’AMO, chantier colossal auquel s’est attaqué le gouvernement Akhannouch et dont l’achèvement était prévu en 2022 , est désormais une réalité. Un projet mené à terme et dans les temps impartis. Du moins sur le plan réglementaire puisque des ajustements opérationnels, qui sont inéluctables lorsque des transformations structurelles sont menées.
Au terme de cet effort, « quasiment 100% des Marocains sont couverts » par l’AMO « contre 42% » auparavant », précise le chef du gouvernement.
Chiffre à l’appui
Cette généralisation de la couverture ne relève pas de l’effet d’annonce. Son caractère effectif repose sur des chiffres présentés par le chef de l’exécutif : « En 2022, le nombre de dossiers de remboursement relatifs aux travailleurs non salariés a dépassé les 642.000 dossiers. » Et d’ajouter : « Pour les assurés AMO-Tadamon, régime entré en vigueur début décembre dernier, le nombre de dossiers de remboursement est de 53.400 sur un mois. Dans le secteur public, plus de 524.500 prises en charge sont dénombrées, soit un coût de 233 MDH. »
Par ailleurs, en l’espace d’une année, l’effectif global des assurés de l’AMO géré par la CNSS est passé de 7,8 millions de personnes à plus de 23,2 millions (avec l’affiliation de 3,6 millions de travailleurs non salariés et leurs ayants droit, et de 9,4 millions de bénéficiaires de l’AMO-Tadamon).
« Quand nous sommes arrivés, il y avait 8.000 inscrits à l’AMO des indépendants (…). Il fallait chercher les gens (…) Nous avons publié plus de 29 textes réglementaires », a indiqué Aziz Akhannouch lors de son intervention, donnant ainsi une idée de l’ampleur de la tâche.
Pour Aziz Akhannouch, il s’agit d’une « véritable révolution sociale dans le traitement des enjeux fondamentaux du citoyen, au premier rang desquels la consécration du droit à la santé ».
Equilibre fragile de la réforme
L’un des enjeux majeurs qui accompagnent la mise en œuvre de la réforme reste celui de l’implication de tous. En effet, parmi les messages sur lesquels le chef du gouvernement insiste : la nécessité de payer les cotisations. « C’est un système basé sur la solidarité. Les gens doivent comprendre ce point. Il faut payer les cotisations et ne pas attendre de tomber malade pour le faire… Car à ce moment-là, c’est trop tard. »
Il s’agit certainement là d’un point fondamental que le gouvernement et la CNSS prennent au sérieux. Car le défaut de paiement des cotisations peut en effet déséquilibrer le régime.
Sur ce registre, il y a les bons et les mauvais élèves. « 100% des auto-entrepreneurs paient leurs cotisations », révèle le chef du gouvernement. « Ce taux est de 87% pour les guides touristiques et de 77% pour les commerçants inscrits à la CPU. »
« Nous avançons, mais il y a des secteurs où il y a encore du retard », déplore-t-il. Aziz Akhannouch lance donc un appel aux citoyens pour s’inscrire et cotiser.
Ciblage idoine à mettre en œuvre
Le chef du gouvernement à ponté du doigt une problématique majeure : celle du mauvais ciblage dont souffrait le Ramed, et qui sera corrigé avec le nouveau système.
Pour A. Akhannouch, « Il n’est pas normal qu’un salarié qui touche le SMIG cotise à hauteur de 300 dirhams et qu’une autre personne qui a un revenu de 10.000 dirhams se cache dans le Ramed pour que l’Etat prenne en charge sa cotisation. (…) Ceux qui n’ont pas les moyens – et ils sont nombreux –, l’Etat les prendra en charge. Il y a aussi ceux qui ne bénéficiaient pas du Ramed alors qu’ils y sont éligibles ; ils seront inclus. Mais ceux qui se sont glissés, il vaut mieux qu’ils quittent le système, car ce n’est pas leur place ».
Cet aspect est lié à l’amélioration de la gouvernance et du rendement des différents programmes de soutien social, dont celui de l’AMO-Tadamon, qui se fera grâce à la mise en œuvre du dispositif de ciblage social à travers le Registre social unifié (RSU) et le Registre national de la population (RNP).










