PLF 2022: Rupture et audace, devraient être les mots d’ordre

Les stigmates de la crise, la dégradation des finances publiques ainsi que les énormes besoins de financement en matière économique et sociale sont autant de facteurs qui imposent une logique de rupture dans la préparation de la Loi de Finances 2022.

Le gouvernement qui sera dirigé par Aziz Akhannouch est attendu sur plusieurs fronts. Le contexte actuel est particulièrement défavorable, comme en témoigne la prévalence de certains stigmates de la crise sur l’économie nationale. Il suffit de se pencher sur les notes d’information ou les études du HCP pour s’apercevoir de l’ampleur de la dégradation des finances publiques et de certains indicateurs économiques et sociaux sous l’effet du coronavirus. C’est dans cette atmosphère pour le moins peu favorable, même s’il y a lieu de mentionner des signes de reprise de l’activité économique, que le prochain gouvernement élaborera le projet de Loi de Finances 2022.

Ce dernier suscite d’ores et déjà un grand intérêt auprès des experts et des observateurs à l’échelle nationale. Pour cause, au-delà du simple fait de prévoir et d’autoriser pour chaque année budgétaire l’ensemble des ressources et des charges de l’État (dans les limites d’un équilibre économique et financier bien défini), la Loi de Finances constitue un baromètre de taille des priorités économiques, sociales et fiscales de l’action gouvernementale.

A la question de savoir si le PLF 2022 s’inscrira dans une logique de rupture par rapport aux PLF élaborés sous l’ère El Otmani, la pertinence voudrait que le PLF 2022 élaboré par le nouveau gouvernement, ne s’inscrive que dans la continuité, notamment à l’aune de la note de cadrage déjà rendue publique. Laquelle note mentionne, entre autres, que la mise en œuvre du nouveau modèle de développement devrait s’ériger en priorité pour le gouvernement et l’ensemble des acteurs dans les années à venir.

Ruptures impératives

Si d’aucuns tablent plus ou moins sur une dynamique de continuité pour la confection du PLF 2022, force est d’admettre que plusieurs autres éléments plaident en faveur d’une rupture. Et ce, par l’entremise de l’adoption de mesures fiscales innovantes et audacieuses, à la hauteur des énormes besoins de financement du nouveau modèle de développement et de l’ambitieux programme économique et social du RNI, lequel a fait mouche lors des dernières échéances électorales.

Il est important de garder à l’esprit que les 228 Mds de DH de recettes fiscales et douanières ne couvrent que 60% des dépenses publiques. Avec les engagements pris lors des dernières échéances électorales, il faudra au moins 400 Mds de DH de recettes pour concrétiser les déclarations d’intention des trois partis de la majorité, améliorer les services publics ainsi que les infrastructures de notre pays. Dès lors, l’élargissement de l’assiette fiscale ainsi que l’exploration de nouvelles sources de financement doivent faire partie de la trame du PLF 2022.

Ce dernier gagnerait à se différencier des PLF sous l’ère El Otmani, souvent taxés d’indigents sur le plan fiscal. Aussi, le PLF 2022 doit-t-il s’inscrire à moyen terme dans une logique de rupture, avec des mesures-phares favorables à l’environnement des affaires. La pandémie a été éprouvante pour les opérateurs économiques. En plus de la nécessité d’implémentation de la loi-cadre portant réforme fiscale, le PLF2022, devra prendre des mesures économiques de nature à restaurer la confiance, sans laquelle il n’y a pas de reprise durable.

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