Les vidéos relayées sur YouTube se passent de tout commentaire. On commence par voir des bovidés importés du Brésil arriver dans l’après-midi du dimanche 9 avril aux abattoirs municipaux de Rabat. Ils seront lâchés dans un espace ouvert. Une opportunité que deux bœufs saisissent au vol: c’est le début de leur cavale, une folle course-poursuite de près de trois heures dans les rues de la capitale.
Deux bœufs, aux allures de zébus, longent à vive allure l’avenue El Hourria en direction du boulevard Hassan II, artère névralgique où se situe la gare ferroviaire de Rabat-Agdal. Certains courent derrière : personne n’ose approcher les deux bêtes en fuite qui arrivent sur le rond-point central.
Dans cette zone où la circulation se fait plus dense, les bêtes se séparent : l’une se retrouve encerclée par des voitures, tandis que l’autre prend la direction de l’ancienne gare routière d’El Kamra.
Au bout de quelques minutes, des vidéastes se joignent à la foule. Ils ont tout le loisir de filmer le spécimen sous différents angles. Un boucher arrive finalement à mettre un sac de farine sur la tête de l’animal essoufflé. Le colosse à quatre pattes est désormais allongé sur le gazon, au beau milieu du boulevard Hassan II, face à la gare TGV.
La seconde bête poursuivra sa cavale pendant plus d’une heure dans les rues du quartier Yacoub El Mansour sous les regards stupéfaits des Rbatis. Terrorisés mais déterminés à mettre un terme à la pagaille engendrée, des bouchers, épaulés par quelques jeunes, suivent la course du veau et arrivent à le mettre au sol. Les commerçants retiennent leur souffle.
La scène insolite se retrouve rapidement partagée sur les réseaux sociaux, suscitant des commentaires ironiques dans tout le pays.
Cependant les propos du ministre de l’Agriculture Mohammed Sadiki, qui s’est récemment exprimé sur le sujet au forum de la MAP. Le responsable n’a à aucun moment évoqué des investisseurs privés intéressés par ce type de viande. Le recours à l’importation “vise essentiellement à assurer un approvisionnement normal du marché national et la stabilité des prix des viandes rouges pour le consommateur”, a précisé Sadiki.
Après avoir démenti des rumeurs sur un cheptel brésilien atteint de la maladie de la vache folle, il a précisé que le gouvernement avait l’intention d’importer 20.000 têtes de vaches de plusieurs pays, dont le Brésil, pour “préserver le cheptel national mis à mal par les saisons sèches et faire baisser le prix de la viande rouge”.
La cargaison de 2800 bêtes entrée par le port de Jorf Lasfar en mars est “d’excellente qualité”, a certifié le ministre. Il a aussi assuré que cette race appelée Nélore (une race brésilienne de zébus), figure “parmi les meilleures races commercialisées à l’échelle internationale”.
Pour rappel, la Nélore est présentée comme une race “développée exclusivement pour la production de viande” qui serait “moins grasse que celle des races européennes d’élevage. Elle est reconnue pour sa résistance à la chaleur et aux insectes, acceptant les pâturages maigres, et capable de passer plusieurs jours sans boire. Que des atouts qui rendent son élevage rentable”.
Mais sur les réseaux sociaux, certaines pages marocaines crient au complot : la fuite des deux veaux serait délibérée. Enfin, nombreux sont les internautes à se moquer de ces bêtes qui ont parcouru l’Atlantique.










