Les banques centrales des économies avancées à l’épreuve de l’inflation

Face à la persistance des niveaux élevés de l’inflation et aux craintes d’un désancrage des anticipations d’inflation, les banques centrales accélèrent et renforcent le resserrement de leurs politiques monétaires, malgré les risques de récession dans plusieurs économies notamment avancées.

L’inflation au niveau mondial continue d’évoluer à des niveaux très élevés, jamais enregistrés depuis des décennies dans plusieurs pays.

Aux Etats-Unis, après un pic à 9,1% au cours du mois de juin, elle ressortirait à 8,2% sur l’ensemble de cette année avant de revenir à 4% en 2023. Dans la zone euro, elle s’est située à 9,1% en août et devrait ressortir à 7,7% en moyenne en 2022, puis décélérerait tout au long de 2023 pour avoisiner 3,7% en moyenne.

Dans les pays émergents, elle s’établirait en particulier à 7,3% en 2022 et à 6,0% en 2023 en Inde, alors qu’en Chine, elle resterait contenue à 2,5% et 2,7% respectivement.

Les cours du pétrole se sont inscrits dans une tendance baissière durant les trois derniers mois, mais leurs niveaux restent très élevés. Le prix du Brent ressortirait à 104,1 dollars le baril en moyenne en 2022, après 70,4 dollars en 2021, avant de reculer à 93,5 dollars en 2023.

Quant au prix du charbon, il atteindrait 322,7 dollars la tonne en moyenne en 2022, en accroissement de 170%, et diminuerait à 236,9 dollars en 2023. De même, après s’être établi à 16,1 dollars/mmbtu (million de british thermal units) en 2021, le cours du gaz naturel Europe s’est situé à 39,3 dollars en moyenne sur les huit premiers mois de l’année.

Concernant les produits alimentaires, leurs prix resteraient orientés par l’évolution de l’offre mondiale et des coûts des intrants, notamment énergétiques. Ils termineraient l’année sur une hausse moyenne de 15,4%, avant de reculer de 8,1% en 2023.

S’agissant du phosphate et ses dérivés, leurs cours demeureraient soutenus par la flambée des coûts des intrants et les perturbations des chaînes d’approvisionnement. Ils enregistreraient en 2022 des progressions de 42% pour le phosphate brut à 175 dollars la tonne, et de 49,8% pour le DAP à 900 dollars la tonne, avant d’accuser des replis respectifs de 8,6% et 11,1% en 2023.

Dans ces conditions, l’enclenchement de spirales inflationnistes auto-entretenues est jugé plus néfaste pour la croissance à long terme qu’un resserrement fort et rapide qui permettrait de juguler les pressions inflationnistes.

Réactions généralisées

Ainsi, la FED a décidé, lors de sa réunion des 20 et 21 septembre, de relever une nouvelle fois de trois quarts de point de pourcentage la fourchette cible du taux des fonds fédéraux à [3%-3,25%] et a indiqué que des augmentations continues de la fourchette cible seront appropriées, et qu’elle continuera de réduire la taille de son bilan conformément au plan annoncé en mai.

De même, la BCE a opéré le 8 septembre une hausse de ses taux directeurs de 75 points de base (pb), tout en maintenant le réinvestissement en totalité des remboursements du principal des titres arrivant à échéance, acquis dans le cadre de ses programmes d’achats d’actifs. Elle a également précisé qu’elle prévoit d’autres augmentations lors de ses futures réunions.

Outre les banques centrales, les gouvernements de nombreux pays ont mis en place des mesures diverses pour atténuer l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat des ménages et sur le coût de production des entreprises.

Croissance mondiale en berne

Ce durcissement rapide des conditions monétaires et les craintes concernant l’approvisionnement énergétique en Europe induisent un net ralentissement de l’économie mondiale. Ainsi, la croissance devrait décélérer à 1,6% en 2022, puis à 1,1% en 2023 aux Etats-Unis, et à 3% puis à 0,7% dans la zone euro.

Sur les marchés du travail, les taux de chômage resteraient bas cette année, avant de s’inscrire en hausse à partir de 2023, en particulier au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Dans les principaux pays émergents, la croissance devrait revenir à 3,4% en Chine en 2022, avant d’augmenter à 6,1% en 2023.

En Inde, elle diminuerait à 6,6% puis à 6,5%, alors qu’en Russie, le PIB devrait connaître des contractions de 5,4% en 2022 et de 3,6% en 2023.

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