L’annonce récente du gouvernement britannique de sa nouvelle stratégie énergétique, a suscité de nombreuses réactions dans le monde, notamment au Maroc, où le projet xlinks qui vise à construire une interconnexion électrique sous-marine entre les deux pays pourrait être impacté.
Intitulé Powering Up Britain – Energy Security Plan, ce plan vise à renforcer la sécurité énergétique du Royaume-Uni en diversifiant ses sources d’énergie, en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre et en stimulant l’innovation dans le secteur énergétique. Parmi les mesures proposées, on trouve le développement des énergies renouvelables, la construction de nouvelles centrales nucléaires, la promotion de l’efficacité énergétique et la coopération avec les pays voisins.
L’un des projets phares de ce plan est le projet Xlinks, qui consiste à construire une interconnexion électrique sous-marine entre le Royaume-Uni et le Maroc. Ce projet permettrait d’importer de l’électricité produite à partir de sources renouvelables, principalement solaires et éoliennes, depuis le Maroc vers le Royaume-Uni.
Ce projet ambitieux, porté par la société Xlinks Ltd, fondée par Sir David Lewis, ancien banquier et philanthrope britannique, pourrait-il être remis en cause par la nouvelle orientation de la politique énergétique britannique?
A priori, on pourrait penser que la volonté du Royaume-Uni de développer ses propres sources d’énergie renouvelable et de renforcer sa sécurité d’approvisionnement pourrait nuire à l’intérêt du projet Xlinks, qui repose sur l’idée d’une complémentarité entre les ressources solaires du Maroc et la demande électrique du Royaume-Uni.
Cependant, une analyse plus approfondie montre que le projet Xlinks n’est pas forcément incompatible avec la nouvelle stratégie britannique. Au contraire, il pourrait même présenter des avantages pour les deux parties. D’une part, le projet Xlinks permettrait au Royaume-Uni de diversifier ses sources d’énergie renouvelable et de bénéficier d’une électricité solaire à bas coût et à faible empreinte carbone.
Le projet Xlinks permettrait également au Royaume-Uni de profiter de la complémentarité entre les cycles solaires du Maroc et du Royaume-Uni, qui sont décalés dans le temps.
Ainsi, le Maroc pourrait fournir de l’électricité au Royaume-Uni lorsque la demande est forte et que la production locale est faible, notamment en hiver ou lors des périodes nuageuses. Aidé en cela par potentiel solaire exceptionnel, avec plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an et des coûts de production parmi les plus bas au monde.
Le projet Xlinks contribuerait ainsi à renforcer la sécurité d’approvisionnement du Royaume-Uni et à réduire sa dépendance aux importations provenant d’autres pays européens.
D’ailleurs, Sir David Lewis a réagi positivement à l’annonce du plan énergétique du gouvernement britannique. Il a déclaré que ce plan était « une étape importante pour assurer l’avenir énergétique du Royaume-Uni » et qu’il « reconnaissait le rôle essentiel que le projet Xlinks peut jouer dans la transition vers une économie bas carbone ». Il a également souligné les bénéfices du projet Xlinks pour les deux pays impliqués, tant sur le plan économique que social. Selon lui, le projet xlinks créerait des emplois, renforcerait la coopération régionale et contribuerait au développement durable du Maroc.
Toutefois, Sir David Lewis a également appelé le gouvernement britannique à accélérer le processus d’autorisation du projet Xlinks, qui est actuellement en cours d’évaluation par l’Office of Gas and Electricity Markets (Ofgem), le régulateur du secteur énergétique au Royaume-Uni. Il a estimé que le projet Xlinks était « prêt à être lancé » et qu’il « ne devrait pas être retardé par des obstacles bureaucratiques ». Il a également demandé au gouvernement britannique de soutenir financièrement le projet Xlinks, qui nécessite un investissement de 16 milliards de livres sterling.










