Le développement du Maroc inquiète les think-tank allemands

Le très influent Institut allemand des affaires internationales et de sécurité a publié une note dans laquelle il s’inquiète de « l’hégémonie » du Maroc sur l’Algérie et la Tunisie en matière de développement.

 

Dans une note intitulée « Rivalités maghrébines sur l’Afrique subsaharienne : l’Algérie et la Tunisie cherchent à suivre les pas du Maroc », l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité appelle Berlin et l’Union européenne à freiner le Maroc « dans ses tentations hégémonique sur les pays du Maghreb et notamment cesser d’aider la croissance et le développement économique du Maroc, qui freine ainsi l’émergence de l’Algérie et de la Tunisie », écrit le portail d’information Atlantico.

La publication de cette note intervient en pleine crise diplomatique entre Rabat et Berlin et émane d’un think-tank très influent en Allemagne. Le groupe de réflexion, qui s’appelle en allemand la StiftungWissenschaftundPolitik (SWP), est notamment connu pour influencer, depuis sa création en 1962, les grandes orientations politiques des gouvernements allemands.

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Mais alors que dit la note rédigée par Isabelle Werenfels, senior flow de la division Moyen-Orient et Afrique ? Elle émet d’abord des observations sur les développements dans la région du Maghreb et constate que le Maroc a pris une longueur d’avance aussi bien économique que géopolitique sur ses voisins du Maghreb. « Alors que la Tunisie tombe dans l’oubli et l’insignifiance, l’Algérie tente de surmonter ses difficultés et de rattraper le Maroc qui ferait tout pour entraver ses progrès ».

Cette situation qualifiée de « déséquilibrée » par la rédactrice de la note doit selon elle cesser. L’Allemagne et plus largement l’Union européenne doivent « contrecarrer le sentiment d’inutilité croissante de l’Algérie, renforcer l’économie tunisienne, et relativiser les ambitions hégémoniques du Maroc et ainsi atténuer la dynamique négative de la rivalité. »

Pour nos confrères d’Atlantico, la publication de cette note, qui aurait du rester secrète, n’a pas été rendue publique au hasard. Elle tombe au moment où les relations diplomatiques entre Berlin et Rabat sont quasiment rompues et au moment où le Maroc est accusé par certaines parties, dans le cadre de l’Affaire Pegasus, d’avoir espionné plusieurs personnalités européennes.

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