Dimanche 4 décembre, une Angleterre solide et réaliste a pris le meilleur sur le Sénégal en huitièmes de finale de la Coupe du monde (3-0), et pris rendez-vous avec la France. Si le premier match entre les deux nations remonte à 1906, jamais elles ne se sont affrontées en match éliminatoire d’une grande compétition.
Dans le stade d’Al-Bayt, au nord du pays, tente bédouine résonnant aux sons des tambours sénégalais, les Lions de la Teranga ont mieux commencé que les Anglais. Inspirés, peut-être, par leur sélectionneur, Aliou Cissé, fiévreux depuis quelques jours, les coéquipiers du gardien Edouard Mendy ont tenté d’enflammer la partie. « Les équipes africaines ont envoyé un message fort, le Cameroun peut battre le Brésil et la Tunisie peut battre la France. Dans notre tête on se dit que le Sénégal va battre l’Angleterre », avertissait l’entraîneur adjoint du Sénégal, Régis Bogaert, samedi en conférence de presse.
A l’initiative, derrière la révélation Iliman Ndiaye, les joueurs d’Aliou Cissé ont tenté de prendre à revers la défense anglaise. Dans cette première période, Boulaye Dia pèse sur les cages de Jordan Pickford. La main ferme, le gardien anglais s’interpose devant l’attaquant sénégalais, mais doit hausser le ton contre sa défense, souvent attentiste. Si l’Angleterre semble à sa main en ce début de rencontre, les partenaires d’Harry Maguire ne rassurent pas face aux attaques des champions d’Afriques – orphelins de Sadio Mané pour la compétition, et d’Idrissa Gueye pour la rencontre.
Mais les Anglais, à défaut d’être brillants, ont de la ressource. Est-ce le désert du Qatar qui les inspire ? Car il y a du scorpion dans cette équipe. Après avoir courbé l’échine, les hommes de Gareth Southgate déploient leur attaque, et piquent, à la suite d’une contre-attaque d’école. Lancé dans la profondeur, Jude Bellingham sert idéalement Jordan Henderson, qui transperce Edouard Mendy (1-0, 38e).
Un peu naïfs en défense, les Sénégalais peuvent s’en vouloir de ne pas avoir profité de leurs occasions auparavant. Groggy, ils esquivent à plusieurs reprises le K.-O. en fin de première période, Harry Kane ne parvenant toujours pas à cadrer ses frappes. Muet devant le but depuis le début de la compétition – avec trois passes décisives tout de même –, le capitaine anglais finit par débloquer son compteur dans le temps additionnel (2-0, 45 + 3e). Et assomme les Lions de la Teranga.