L’Algérie met officiellement fin aux fonctions de son ambassadeur au Maroc

L’ambassadeur algérien au Maroc, rappelé en juillet dernier par l’Algérie, ne remettra pas de sitôt les pieds dans le royaume. Selon un décret présidentiel publié au Journal officiel le 6 octobre, l’Algérie a mis fin à ses fonctions au Maroc.

Selon un décret présidentiel daté du 26 septembre, publié au Journal officiel le 6 octobre, “il est mis fin, à compter du 25 août 2021, aux fonctions d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République algérienne démocratique et populaire, à Rabat (Royaume du Maroc), exercées par M. Abdelhamid Abdaoui”, peut-on lire dans le bulletin publié sur le site du secrétariat général du gouvernement algérien.

Cette décision intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie. Le voisin de l’Est avait annoncé, le 24 août dernier par le biais de son ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, la rupture des relations diplomatiques avec Rabat, en raison d’“actions hostiles” prétendument perpétrées par le royaume.

Alger accusait notamment les “services de sécurité et la propagande” marocaine de “mener une guerre ignoble contre l’Algérie, son peuple et ses dirigeants”, le tout avec l’assentiment d’Israël, avec qui le Maroc a normalisé ses relations l’année dernière.

Des “prétextes fallacieux, voire absurdes”, avait alors répliqué le ministère marocain des Affaires étrangères, dans un communiqué diffusé le même jour. Annonçant “prendre note de la décision unilatérale” des autorités algériennes de rompre les relations, le ministère s’était cependant dit prêt à rester “un partenaire crédible et loyal pour le peuple algérien”, expliquant “regretter” une décision “complètement injustifiée, mais attendue”, notamment en raison de la “logique d’escalade constatée ces dernières semaines”.

L’Algérie était notamment montée au créneau suite à une réunion des Non-alignés à New York, les 13 et 14 juillet, pendant laquelle le représentant permanent du Maroc à l’ONU, Omar Hilale, avait distribué une note dans laquelle il estimait que le peuple kabyle en Algérie méritait “plus que tout autre de jouir pleinement de son droit à l’autodétermination”.

En plus du rappel de son ambassadeur, Alger a décidé de fermer, fin septembre, son espace aérien à tous les avions civils et militaires marocains.

De son côté, le Maroc avait annoncé le rappel de son ambassadeur à Alger fin août. Sur le site de la diplomatie marocaine, l’ambassade est cependant toujours listée comme représentation diplomatique.

 

 

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