Bilan

La réduction de l’inflation sa « priorité absolue » de Joe Biden

L’inflation a atteint aux Etats-Unis son niveau le plus élevé depuis trois décennies en octobre. L’énergie, notamment, a augmenté de 30 % en douze mois. Un dilemme auquel le président Joe Biden est confronté puisque depuis son arrivée au pouvoir, il s’est opposé à l’extraction pétrolière et ses conséquences sur l’environnement

Les prix à la consommation ont augmenté de 6,2 % sur un an, du jamais-vu depuis novembre 1990. « L’inflation frappe les Américains au portefeuille, et inverser cette tendance est pour moi une priorité absolue », a immédiatement déploré dans un communiqué, le président Joe Biden.

Il a mis en cause la hausse des prix de l’énergie, qui ont progressé de 30 % depuis un an tandis que ceux de l’alimentation étaient en hausse de 5,3 %. Mais hors énergie et alimentation, l’indice s’est aussi envolé à 4,6 points sur douze mois, contre 4 % en septembre : il s’agit du plus haut niveau enregistré depuis août 1991.

L’inflation est en train de s’installer aux Etats-Unis, avec une hausse des prix annuelle supérieure à 5 % depuis cinq mois. J. Biden, qui a combattu, depuis son arrivée au pouvoir, l’extraction pétrolière et ses conséquences sur l’environnement au risque de faire monter les prix de l’énergie, cherche désormais à les faire baisser et à résoudre les multiples goulets d’étranglement et pénuries (fret, microprocesseurs, main-d’œuvre, énergie) qui entravent la reprise et renchérissent les prix.

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Le président, qui doit se déplacer ce mercredi 10 novembre à Baltimore pour vanter son plan d’infrastructures – un vieux tunnel du XIXe siècle, qui entrave le trafic ferroviaire de la compagnie Amtrak sur la Côte est entre Washington et Boston, doit y être remplacé – estime que ce plan « réduira ces goulets d’étranglement et rendra les produits plus disponibles et moins coûteux ». Il appelle aussi le Congrès à voter son plan social dit « Build Back Better », qui doit encadrer le prix des médicaments et aider les familles, ce qui devrait selon lui réduire les pressions inflationnistes.

Surtout, Joe Biden en appelle à la Reserve fédérale, prise en étau entre ses deux objectifs, la maximisation de l’emploi et la stabilité des prix. La spirale inflation-salaire n’est plus complètement exclue puisque les salaires ont augmenté en octobre de 4,9 % sur un an avec un taux de chômage retombé à 4,6 % de la population active. Manifestement, le président des Etats-Unis a choisi le camp d’une orthodoxie minimale : « Je tiens à réaffirmer mon engagement en faveur de l’indépendance de la réserve fédérale pour surveiller l’inflation et prendre les mesures nécessaires pour la combattre », écrit J. Biden.

Cette surchauffe rend plus probable une hausse du loyer de l’argent par la Fed dès 2022. Ses taux directeurs sont fixés entre zéro et 0,25 % depuis le début de la pandémie. Ce débat intervient alors que Joe Biden doit dire s’il renouvelle le mandat de Jerome Powell, un Républicain modéré, à la présidence de la Reserve fédérale, à partir du 1er février 2022, ou lui préfère une personnalité plus progressiste, la démocrate Lael Brainard.

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