Stratégie: De la «politique de substitution» à «la souveraineté industrielle»

Face à la nécessité de garantir la souveraineté nationale dans plusieurs secteurs, le ministère de l’industrie change de paradigme en s’alignant sur le nouveau modèle de développement. Ainsi, on ne parle plus de banques de projets de substitution ou de « War Room », mais plutôt de Task Force pour la souveraineté industrielle. Une démarche qui nécessite une revue des interactions public-privé.

Le ministre de l’industrie et du commerce Ryad Mezzour était l’invité de la CGEM, ce lundi 6 décembre pour une séance de travail. Certes,  il a déjà rencontré plusieurs fédérations industrielles depuis qu’il a été nommé ministre de l’industrie et du commerce. Mais il s’agit là de la première rencontre avec la CGEM. Et pour donner une dimension plus concrète à cette rencontre, cette séance a eu lieu en présence des membres du Conseil National de l’Entreprise (CNE), pour discuter des moyens de rendre les secteurs productifs plus attractifs pour les investisseurs.

Au cours de cette rencontre, Chakib Alj, président de la CGEM, a mis l’accent sur deux principaux chantiers des cinq prochaines années dans lesquels le privé est appelé à jouer un rôle majeur « avec le soutien de l’Etat ». Il s’agit de l’engagement de créer un million d’emplois, dont l’essentiel est porté par le secteur privé et l’importance de garantir la souveraineté nationale dans plusieurs secteurs, un domaine dans lequel le tissu productif national, privé et public,  joue un rôle majeur.

Sur ce dernier point, R. Mezzour explique que « c’est un chantier qui exige de nous d’intégrer plusieurs paramètres comme le renforcement de notre capacité de production en profondeur pour que nous soyons en mesure de répondre à différents enjeux. Vous n’êtes pas sans savoir que la crise des semi-conducteurs fait perdre environ 10 à 15 milliards de DH d’export cette année. Avec la pandémie et tout ce qui s’est passé, le fait de ne pas disposer de principes actifs en termes d’industrie pharmaceutique pourrait nous empêcher de répondre à certains besoins », explique-t-il.

« C’est une gestion active de notre stock et notre capacité de production, et cette réflexion nous devrions la mener ensemble », plaide le ministre.

Le ministre a également mis le focus sur le renforcement d’une production locale compétitive. « Le projet de substitution des importations était axé sur la compétitivité. Il y avait, non seulement des objectifs de substitution dedans, mais les projets n’étaient pas acceptés s’ils n’avaient pas aussi un objectif d’export et de possibilité de se mesurer à la concurrence internationale », rappelle le ministre en donnant un bilan actualisé de ce projet qui a démarré sous le mandat de son prédécesseur.

A fin septembre 2021, 683 projets retenus pour un potentiel de substitution de 42,4 MMDH et 53,5 MMDH de potentiel d’export. « C’est dire l’appétence, votre appétence et celle de vos membres. En un an à peine, on a largement dépassé les objectifs de 70% », commente le ministre.

« Ce ne sont pas que des projets, 70% des investisseurs ont acquis ou sécurisé le foncier et ont commencé à construire, ce sont donc des projets qui se matérialisent avec un potentiel de création de milliers emplois », poursuit-il.

Plus important encore, c’est que 90% des projets sont portés par du capital marocain. « Ce qui montre un basculement et un retour des investisseurs nationaux vers l’industrie », tient à préciser le ministre.

Ce bilan, satisfaisant à bien des égards, est bien entendu encourageant en soi. Mais le ministre fait savoir que le ministère change de terminologie pour d’aligner sur le nouveau modèle de développement. Ainsi, on ne parle plus de banques de projets de substitution ou de « War Room », mais plutôt de Task Force pour la souveraineté industrielle. Un nouveau paradigme qui demande plus d’effort et surcout une collaboration étroite entre le public et le privé.

 

 

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