Bilan

Fonction publique: Les enseignants des AREF montent au créneau

Une nouvelle grève de trois jours est annoncée, à partir du 10 novembre prochain, par les enseignants des Académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF) qui continuent de réclamer l’intégration au statut fondamental du ministère de l’Éducation nationale.

Après avoir obtenu gain de cause dans deux grands dossiers objets de leurs protestations depuis 2015, les enseignants cadres des AREF refont parler d’eux à travers une nième mobilisation. Leurs revendications se résume à l’intégration à la fonction publique.

Aussi, ils entament une nouvelle grève nationale de trois jours à partir de mercredi 10 novembre 2021. Celle-ci sera accompagnée de différents types de manifestions, dont la nature sera décidée au niveau régional.

Continuité dans les revendications

Pour rappel, l’abandon du recrutement par contrat est le premier combat remporté par ces enseignants en 2019. Ceux-ci restent toutefois en désaccord avec le nouveau système de recrutement régional dans le cadre des AREF, adopté depuis. Lancé en 2015, le programme de recrutement sous contrat visait à recruter plus de 200.000 enseignants contractuels entre 2015 et 2030. Très critiquée, cette formule a été abandonnée en mars 2019, en faveur du recrutement régional dans le cadre d’un nouveau statut relevant des AREF.

Ce nouveau statut leur accorde les « mêmes droits » que les fonctionnaires des administrations publiques, d’après le ministère de l’Education nationale. Un plan qui n’a pas réussi à les faire adhérer.

Les enseignants, qui évoquent plusieurs disparités entre les deux systèmes, notamment en matière de mobilité, continuent ainsi à réclamer l’intégration au statut de la fonction publique auprès du ministère de l’Education nationale, afin de profiter des mêmes avantages que leurs confrères recrutés dans le cadre de la fonction publique.

Selon eux, ils sont toujours privés de la mobilité nationale, au profit de la mobilité régionale, contrairement aux groupes recrutés avant 2016. Une situation qui a entraîné la dispersion de plusieurs familles, alors la question de la mobilité était inscrite sur le dossier revendicatif de la Coordination nationale depuis sa création.

Par ailleurs, « les enseignants cadres des AREF doivent rester à la disposition des directions régionales à chaque début d’année, pour combler le déficit dans certains établissements s’il y en a, ce qui en résulte un manque de stabilité sociale », lit-on sur le communiqué annonçant la grève.

La Coordination dénonce également « l’absence de promotion, l’incapacité de passer d’un cycle à un autre, l’incapacité de passer des concours d’enseignement supérieur, les retenus sur salaires en raison des grèves, l’arrestation d’enseignants protestataires, ainsi que le retard des différentes Académies régionales dans le versement de certaines indemnités ».

Le second combat rempoté par ces contractuels est relatif au système de retraite. Le ministère de l’Education nationale a donné son feu vert en juin 2021 pour leur affiliation à la Caisse marocaine des retraites (CMR). Ils étaient jusqu’à cette date affiliés au Régime collectif d’allocation de retraire (RCAR), qui est moins avantageux en termes de taux de cotisation et de pensions de retraite.

Dialogue nécessaire

La mobilisation de ces enseignants intervient dans un contexte marqué par la refonte du système éducatif, en application des recommandations du Nouveau modèle de développement, notamment dans le cadre de l’accompagnement du processus de régionalisation avancée. L’objectif de ce grand chantier est de permettre à chaque région de prendre en main sa destinée en matière de développement, et ce dans tous les secteurs.

Toutefois, la Coordination dénonce ainsi l’absence de dialogue avec le nouveau ministre de l’Education nationale, depuis sa prise de fonction. D’ailleurs, même si Chakib Benmoussa a  tenu une première réunion avec les syndicats les plus représentatifs du secteur de l’enseignement le 15 octobre dernier,  la Coordination des contractuels estime qu’il s’agissait d’une simple rencontre introductive, lors de laquelle aucun point concret n’a été discuté.

Quoiqu’il en soit, ce dossier pourrait connaître des changements à l’avenir, puisque rien n’a encore été tranché pour l’instant. Il est en cours d’étude au niveau du ministère. En attendant, les es enseignants cadres des AREF continueront à manifester dans le sens de l’amélioration des conditions de travail des enseignements, et essentiellement de l’intégration à la fonction publique.

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