Emprunt national, quels impact sur les banques marocaines?

L’annonce du lancement de l’emprunt national soulève certaines interrogations notamment au niveau du secteur bancaire qui a affiché clairement ses craintes de voir un tel emprunt défiscalisé de surcroit venir concurrencer les dépôts et l’épargne bancaire.

Dès l’annonce de l’emprunt national, le secteur bancaire a exprimé ses craintes quant à voir ce dernier cannibaliser les dépôts et l’épargne bancaires créant ainsi un effet contre-productif sur l’économie. Des craintes tout à fait justifiables au regard de sont statut défiscalisé.

Des appréhensions que le ministre de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohammed Benchaaboun, balaie d’un revers de la main. A ce titre, il tient à rassurer les opérateurs bancaires de la place en expliquant «que l’objectif n’est, bien évidemment, pas de cannibaliser les dépôts bancaires mais de capter une épargne additionnelle en mettant en place un produit, complémentaire plutôt que concurrentiel, à même de contribuer au financement du développement socio-économique de notre pays ».

« D’ailleurs, ce point a été discuté lors des consultations menées avec les principaux acteurs et autorités de marché dans le cadre de la réflexion lancée sur l’émission d’un emprunt national et leurs préoccupations ont été prises en compte lors de la structuration de l’emprunt national »

D’un autre côté, le ministre explique que « les dépôts bancaires des particuliers représentent un montant de près de 731 milliards de dirhams par rapport à un encours de l’épargne globale qui a franchi le seuil du trillion de dirhams.

De ce fait, il est clair que quel que soit le montant qui sera mobilisé auprès des personnes physiques à travers cet instrument financier, son impact sera très limité au vu du volume des dépôts des particuliers qui est beaucoup plus important que le montant qui pourrait être mobilisé au titre de l’emprunt national ».

« Plus encore, il faut savoir que la durée de la majorité des dépôts n’excède pas 2 ans alors que les maturités cibles pour cet emprunt sont des maturités de 2 ans et plus », ajoute-t-il.

Par ailleurs, il convient de signaler que cet emprunt est une occasion pour réduire la thésaurisation et absorber la grande quantité de cash en circulation dans l’économie. Une manière de la « blanchir » au nom de l’intérêt général de la nation.

D’ailleurs, C’était le cas pour les grands premiers emprunts nationaux, qui s’adressaient bien sûr à l’épargne publique mais allaient chercher surtout cette épargne qui n’était pas visible, déclarée. On avait d’ailleurs lancé à l’époque des bons anonymes pour rassurer les détenteurs de capitaux… Un instrument qui viendra s’ajouter fort probablement à l’amnistie sur le cash qui vise à faire table rase du passé, en permettant aux gens qui détiennent des avoirs liquides hors du circuit bancaire à les déposer en s’acquittant d’une petite contribution libératoire de 5%.

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