Administrer des médicaments aux enfants n’est guère un jeu d’enfant pour certains parents. D’aucuns refusent d’en prendre car ne comprenant pas leur utilité, d’autres enfants n’aiment simplement pas leur goût.
Dans une étude récente, cinq chercheurs de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l’Université Hassan II de Casablanca, du CHU de Casablanca et du service de pédiatrie de l’Hôpital provincial d’El Kalaa des Sraghna se sont intéressés à la disponibilité des formes pharmaceutiques adaptées aux enfants de moins de 6 ans au Maroc.
Dans leur étude, intitulée «L’usage des médicaments chez les enfants : une enquête auprès des pédiatres hospitaliers au Maroc», disponible en ligne en ce mois de juillet, ils ont ainsi interrogé un échantillon de 34 pédiatres hospitaliers marocains à l’aide d’un questionnaire électronique anonyme auto-administré.
Les chercheurs espéraient évaluer l’utilisation des comprimés chez les patients pédiatriques du point de vue des pédiatres hospitaliers, estimer la fréquence des modifications des formes orales solides dans les services de pédiatrie et évaluer la connaissance des excipients à effets notoire par les pédiatres hospitaliers.
Les résultats ont montré que 85% des praticiens affirment que tous les médicaments nécessaires aux enfants de moins de 6 ans ne sont pas disponibles sous une forme pharmaceutique appropriée. «Les inhibiteurs de la pompe à protons (utilisés pour réduire la sécrétion acide gastrique, ndlr) arrivent en tête des médicaments non disponibles sous une forme appropriée pour les enfants de moins de 6 ans», explique l’étude. Celle-ci ajoute aussi que l’opinion des participants sur l’âge auquel un enfant peut avaler un comprimé était très hétérogène. Dans ce sens, «6, 8, 10 et 12 ans ont presque obtenu le même nombre de réponses», fait-on savoir.
Les cinq chercheurs estiment que les entreprises pharmaceutiques et les autorités sanitaires devraient «collaborer pour développer des formes galéniques adaptées aux enfants de tous âges». «Des formes orales solides de taille et de goût appropriés devraient également être développées et utilisées dès qu’un enfant peut les avaler, et les modifications des formes orales solides devraient être bannies sauf si aucune autre alternative n’est possible», ajoutent-ils.
L’étude recommande aussi des sessions de formation et de sensibilisation des pédiatres et des infirmières hospitalières, ainsi que l’implication des pharmaciens cliniciens dans la prescription des formes médicamenteuses pédiatriques, qui pourraient aider à surmonter les problèmes liés aux excipients aux effets notoire.










