Bilan

Comment Kamala Harris soigne sa stature internationale

La vice-présidente doit travailler son image de présidentiable, tout en affichant sa loyauté envers le président Joe Biden qui multiplie les déconvenues. Son voyage en France, cette semaine, est l’occasion pour elle de s’affirmer sur la scène internationale.

Kamala Harris soigne son statut de présidentiable. Arrivée en France ce mardi, la vice-présidente américaine , successeur désignée de Joe Biden, effectue ainsi son troisième déplacement international.

En juillet, elle s’était rendue au Guatemala et au Mexique, essentiellement pour parler de l’immigration. Puis, à la fin du mois d’août, elle avait effectué un voyage à Singapour et au Vietnam , une visite alors placée sous le signe de la coopération commerciale, en pleine crise des chaînes d’approvisionnement, avec l’idée de s’opposer par tous les moyens aux plans de la Chine dans la région.

Cette fois, il s’agira essentiellement de diplomatie et de représentation. Kamala Harris et son mari Douglas Emhoff participeront aux commémorations du 11 novembre, en se rendant au cimetière américain de Suresnes, puis elle prononcera un discours au Forum sur la Paix, et participera le lendemain à la conférence sur la Libye à Paris.

Elle rencontrera également Emmanuel Macron, quelques jours seulement après l’entretien à Rome entre Joe Biden et le chef d’Etat français. Objectif : poursuivre un dialogue, en particulier sur la sécurité, qui avait été mis à mal par l’affaire des sous-marins australiens. Washington tente de montrer à Paris qu’il est un allié fidèle et fiable, après des semaines d’extrême tension .

Au cours de sa campagne présidentielle, Joe Biden avait été clair : il serait un président de transition et ne ferait qu’un seul mandat – il aura presque 82 ans au moment de la prochaine élection. Depuis, le président américain laisse planer le doute sur une possible candidature. Mais chez les démocrates, l’idée demeure que le poste de vice-présidente est la rampe de lancement idéale pour Kamala Harris, qui pourrait devenir la première femme présidente des Etats-Unis.

Accès illimité

Alors que les difficultés s’amoncellent pour Joe Biden, elle semble prendre ses distances. Lors de ses deux premiers mois comme vice-présidente, elle apparaissait presque systématiquement aux côtés de Biden. Depuis, son agenda est sensiblement différent. « Leur partenariat est le même que la relation Obama-Biden », assure le porte-parole de la Maison-Blanche, Andrew Bates, qui met en avant la nécessité pour le duo de se démultiplier, pour parler au plus grand nombre.

Difficile positionnement

La route s’annonce toutefois encore longue pour Kamala Harris. Ces derniers jours, la presse américaine relatait les craintes de son équipe sur une bataille sans merci lors de la primaire en 2024. L’adversaire désigné serait l’actuel secrétaire aux Transports, déjà candidat à l’investiture l’an dernier, Pete Buttigieg .

Durant sa première année comme vice-présidente, Kamala Harris n’aura pas été épargnée. Plusieurs scandales ont touché son cercle proche : des anciens collaborateurs ont dénoncé un environnement malsain, à la fois dans son équipe de campagne lors de la primaire de 2020 et dans son cabinet à la vice-présidence.

Son action a aussi été critiquée : certains lui ont reproché, par exemple, d’avoir tardé à se rendre à la frontière avec le Mexique, alors que celle-ci voyait un afflux de migrants. D’autres enfin s’étonnent de ne pas la voir davantage impliquée dans les difficiles négociations sur le plan d’investissements de la Maison-Blanche. Au fur et à mesure que s’approchera 2024, son action sera de plus en plus épiée.

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