Un gardien infranchissable – Wojciech Szczesny – qui excelle sur les penaltys et une équipe qui aime défendre, depuis le début du Mondial au Qatar. Cette Pologne-là avait des airs du Paraguay de José Chilavert lors du huitième de finale du Mondial 1998. Mais, plus de deux décennies plus tard, les Bleus ont su éviter le piège en dominant les Polonais (3-1), dimanche 4 décembre à Doha.
Cette fois, ils n’ont pas eu besoin de la prolongation – et du but en or, qui n’existe plus – pour se qualifier et rejoindre les quarts de finale. Les buteurs se nomment Olivier Giroud, son 52e but en Bleu (nouveau record), et Kylian Mbappé, auteur de ses quatrième et cinquième réalisations depuis le début du tournoi, record du Mondial à ce stade.
Au stade Al-Thumama, à l’architecture circulaire, les Polonais de Robert Lewandowski n’avaient pas les atouts suffisants pour jouer les empêcheurs de tourner en rond durant un match entier. Ils ont pourtant failli tirer les premiers.
Hugo Lloris, d’abord fautif sur une mauvaise relance, arrête de manière surnaturelle un tir à bout portant de Piotr Zielinski : le ballon ricoche sur les deux genoux du capitaine tricolore. Puis l’archange Raphaël Varane laisse traîner son pied pour écarter une tentative de Jakub Kaminski (38e).
Pendant de longues minutes, la bonne défense polonaise, accrocheuse et disciplinée, parvient (à peu près) à maîtriser Kylian Mbappé. Lorsque le buteur vedette esquive un adversaire, il y en a souvent un deuxième, voire un troisième pour compenser et l’arrêter in extremis. Mais quand l’attaquant du Paris Saint-Germain fausse compagnie à ses gardes-chiourmes, le danger est immédiat, à l’image de son centre pour Ousmane Dembélé (11e) ou d’un tir dévié en corner (35e).
Ses compères des lignes offensives ne sont pas en reste. Antoine Griezmann exploite une erreur polonaise, lance Dembélé en profondeur, dont le centre est trop fort malgré le tacle d’Olivier Giroud (29e). De l’autre côté, l’avant-centre Robert Lewandowski rappelle aux défenseurs français pourquoi il reste un redoutable buteur, malgré sa position isolée à la pointe de l’attaque. Sur un quart d’occasion, à la 21e, le néo-Barcelonais déclenche une frappe en première intention, de peu à côté, à la suite d’une relance ratée de Varane.
Au moment où les Polonais commencent à y croire, la sanction tombe. Nette comme la coupe de cheveux soignée de Giroud, au geste clinique devant la cage. Passeur inspiré, Mbappé sent l’appel de son expérimenté partenaire. Le Grenoblois croise sa frappe délicieusement pour tromper Szczesny (44e, 1-0). Ce but vaut de l’or à double titre : il permet à la France de prendre les devants et à Giroud de s’offrir le record de buts sous le maillot bleu – 52 unités désormais, devant Thierry Henry (51).
A la 66e minute, le sélectionneur assure le coup en remplaçant Aurélien Tchouaméni (par Youssouf Fofana), le seul titulaire averti, et donc sous la menace d’une expulsion.
Lors d’une contre-attaque, Giroud fait parler une technique fine pour décaler Dembélé. L’ailier tricolore trouve Mbappé, qui prend son temps avant de nettoyer la lucarne droite du gardien polonais. La différence est faite (74e, 2-0), le sélectionneur, Didier Deschamps, peut laisser souffler le précieux Olivier Giroud et le fantasque Ousmane Dembélé, suppléés par Marcus Thuram et Kingsley Coman (76e). Sans pitié, Mbappé fait une nouvelle fois mouche (91e, 3-0).
La générosité du corps arbitral – une faute de main peu évidente de Dayot Upamecano – offre la possibilité à Robert Lewandowski de sauver l’honneur sur penalty, même s’il s’y reprend à deux fois pour tromper Hugo Lloris, qui avait stoppé sa première tentative (99e, 3-1).
Samedi 10 décembre, les coéquipiers du capitaine Hugo Lloris, qui a égalé contre la Pologne le record de sélections que détenait depuis 2008 Lilian Thuram (142), affronteront l’Angleterre ou le Sénégal.










