Bilan

Audrey Azoulay réélue à la tête de l’Unesco

Elue pour la première fois en 2017 au terme d’une élection serrée et riche en rebondissements, l’ancienne ministre de la culture de François Hollande était cette fois-ci seule en lice pour ce nouveau mandat.

L’ancienne ministre de la culture de François Hollande Audrey Azoulay a été réélue, mardi 9 novembre, à une très large majorité pour un second mandat de quatre ans à la tête de l’Unesco, l’organisation onusienne basée à Paris qui promeut l’éducation, la culture et la préservation du patrimoine, a annoncé l’organisation.

« Je veux d’abord vous dire merci du fond du cœur, pour cette confiance si clairement exprimée », a réagi la directrice générale de l’organisation, accueillie sous les applaudissements dans l’hémicycle de l’Unesco. Et de souligner « l’unité », le « soutien de partout dans le monde » exprimé « très tôt » pour sa personne, un signe, selon elle, de « confiance mutuelle » au sein de l’institution.

« Mes félicitations sincères au nom de tous les Etats-membres pour votre réélection », a déclaré Santiago Irazabal Mourao, ambassadeur permanent du Brésil à l’Unesco, devenu président de sa conférence générale.

Apaisement des tensions

Elue pour la première fois en 2017 au terme d’une élection serrée et riche en rebondissements, Mme Azoulay, était cette fois-ci seule en lice pour ce nouveau mandat. Elle a obtenu 155 votes pour 165 votants (9 contre, une abstention). Un satisfecit pour A. Azoulay qui, dès son arrivée, avait érigé en priorité l’apaisement des tensions et divisions minant alors l’organisation, pour la recentrer sur ses missions.

Sous sa houlette, les questions ultrasensibles du Proche-Orient, comme le patrimoine de Jérusalem, ont ainsi fait l’objet de négociations en amont pour éviter les écueils, quitte à les ajourner. Au point que les Etats-Unis et Israël, partis en accusant l’Unesco de biais anti-israélien, considéreraient leur retour.

Accès illimité

Implication de la Chine

Pour certains, la réintégration des Etats-Unis ferait contrepoids à l’implication grandissante de la Chine, devenue la première contributrice au budget ordinaire de l’Unesco (hors projets spécifiques). Celle-ci verse 15,5 % de ce budget représentant 535 millions de dollars (461,6 millions d’euros) sur 2020-2021, en hausse de 3 % sur le mandat d’Audrey Azoulay, après quinze ans de stagnation ou de baisse, selon le secrétariat de l’Unesco.

Pékin a « comblé le vide laissé par l’absence des Etats-Unis », soulignait en janvier dans Foreign Policy la chercheuse américaine Kristen Cordell, conseillère auprès de l’Agence américaine du développement USAID. Evoquant notamment des partenariats entre l’Unesco et le géant technologique chinois Huawei, elle pointait aussi la proposition chinoise d’accueillir à Shanghai le Bureau international d’éducation.

Aujourd’hui à Genève, cet institut spécialisé de l’Unesco, à la charge financière du pays hôte, aide à élaborer des contenus et méthodes éducatives, une tâche que certains verraient mal être menée à partir d’un pays sous la férule du Parti communiste et de sa censure.

Réconcilier les deux Corées

Mais à côté de ces batailles feutrées, des avancées ont été enregistrées sur d’autres fronts : encouragées par l’Unesco, les deux Corées se sont ainsi rapprochées pour demander l’inscription du ssirum, une pratique sportive coréenne où deux lutteurs s’affrontent, au patrimoine immatériel de l’humanité. Ce qui fut fait en novembre 2018. Autre ambition de Mme Azoulay sur le front coréen : créer une zone de biosphère dans la DMZ, la zone démilitarisée sur la frontière intercoréenne, livrée à la nature depuis des décennies.

Une façon pour l’Unesco d’œuvrer à la réconciliation, fidèle aux objectifs d’une institution née au lendemain de la seconde guerre mondiale pour promouvoir la paix par le respect de la diversité culturelle et la coopération internationale dans les domaines de l’éducation, de la culture, des sciences.

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