Vers 1 heure du matin, dans la soirée du 28 au 29 octobre Es-Smara a été réveillée par quatre déflagrations ayant touché trois emplacements précis dans cette ville du sud-ouest du Sahara, dans la région de Laâyoune Sakia El Hamra.
Un communiqué, diffusé par les autorités locales (à savoir la province, relevant du ministère de l’Intérieur), faisait état de déflagrations ayant coûté la vie à une personne et fait trois blessés.
D’après un autre communiqué publié un peu après midi, ce dimanche, par le parquet, une enquête a été ouverte en raison de ce qui est présenté comme étant « des tirs de projectiles ». Le communiqué de la province indique que les déflagrations ont touché les quartiers de la ZAP, Hay Essalam et du quartier industriel (deux déflagrations).
Des tirs de projectiles militaires
D’après les premières photos des lieux de la déflagration, la piste des tirs de projectiles est bien confirmée : les traces laissés au niveau de plusieurs murs indiquent qu’il s’agit vraisemblablement d’éclats d’un Schrapnel, utilisés de manière courante par le Front du Polisario. Ces obus disposent à leur intérieur des petits fragments, sous forme de balles, qui sont projetés lorsqu’ils atteignent leur cible.
L’utilisation d’obus confirme ainsi le caractère militaire de ce qui a pu se passer ce 29 octobre, vers 1 heure du matin. L’aspect militaire est aussi renforcé par la présence immédiate, près de 20 minutes après les déflagrations, d’éléments de la Minurso venus constater l’ampleur des dégâts et enquêter.
Enfin, il est utile de préciser que la distance séparant la grande mosquée, la zone la plus à l’est, et du principal mur de défense, est de 34 kilomètres. Une distance suffisante pour un tir de projectile de ce type. Il s’agirait, si le Polisario est officiellement désigné comme à l’origine de ces tirs, d’une première attaque contre une ville majoritairement constituée de populations civiles.
Contexte particulier
Il convient de rappeler que le contexte de cette attaque est assez particulier : le 30 octobre, à savoir dès ce lundi, le Conseil de sécurité doit se prononcer sur le vote du projet de résolution américain sur le renouvellement de la mission d’interposition onusienne. Le projet en question est défavorable au Polisario qui voulait faire inscrire la nécessité de tenir un référendum.
Quoiqu’il en soit, jusqu’à l’heure actuelle, le Polisario n’a toujours pas communiqué (ou revendiqué) les évènements de ce 29 octobre. Toutefois, sur le site de l’agence de presse du Polisario, on peut lire un communiqué faisant état de tirs au niveau de la zone du Mahbès. Le Polisario est habitué à ce genre de communications, depuis les évènements de Guerguerat.










