Aïd El Adha, une fête qui inquiète en ces temps de pandémie

Gouvernance

Jamais une fête de l’Aid Al-Adha, comme celle qui se profile devant nous, n’aura généré une angoisse aussi grande dans le cœur des citoyens marocains. Au point que la majorité silencieuse de ces derniers, rêvent secrètement de voir les responsables procéder à son annulation pure et simple.

Au-delà du fait que ce soit la deuxième du genre depuis le début du Covid-19, la fête de  l’Aid Al-Adha revêt cette année un caractère particulier de par sa temporalité singulière. Elle intervient dans un contexte et un climat social lourds tous les deux de contraintes matérielles pour le citoyen, ainsi que de risques de grands dangers pour sa santé, sinon pour sa vie tout court.

A voir comment évolue l’épidémie (elle frôle les 1000 cas/jour), on est en droit de s’alarmer et de prendre les précautions qui s’imposent. Dès lors, d’aucuns sollicitent les responsables de la gestion de la chose épidémiologique afin d’adopter des mesures courageuses pour éviter une situation qui s’annonce aussi tragique, qu’inutile.

C’est l’occasion de rappeler ici tous les défis logistiques auxquels les marocains, à tous
les niveaux, ont été confrontés l’année dernière, ainsi que l’impact de la gestion pour le moins aléatoire de la «fête» sur le rebond du nombre des cas de contamination.

Le souvenir amer de cette expérience est encore dans nos mémoires et nos chairs. Aujourd’hui, les choses risquent d’être pire eu égard non seulement à l’incapacité d’un grand pan de la société, déjà meurtrie financièrement, d’acquérir le mouton pour le rituel sacrificiel. Mais également et surtout en raison des risques potentiels d’une descente aux enfers à tous les niveaux, sanitaire comme économique. Ce qui serait tout de même regrettable après l’embellie due à la lueur d’espoir d’une reprise économique à laquelle on commence à croire et à rêver.

N’oublions pas non plus, qu’un autre spectre plane sur nos têtes avec le variant Delta ! La situation se présente décidément sous de fâcheux auspices, et ce n’est vraiment pas le moment de tenter le diable ! Loin s’en faut.

En outre, ce ne sont pas les considérations religieuses qui plaident en la faveur d’une annulation pure et simple de la fête de  l’Aid Al-Adha , puisque toute foi intelligente se doit d’être souple et sans contraintes « Addinou Yousr wa layssa Ousr ».

Si on ajoute enfin à tout cela, pour ne pas l’oublier, la nécessité de repenser la mobilité des voyageurs, on a là tout un faisceau d’arguments pour penser à annuler une fête qui s’annonce lourde de conséquences.

Trêve de frilosité

N’avons-nous pas des « précédents» à invoquer, puisqu’il est arrivé au Maroc, à deux ou trois reprises (sous feu Hassan II), d’annuler la célébration de la fête de l’Aid ? Cela n’a pas empêché le monde de tourner, que l’on sache ! Le citoyen Marocain, traumatisé par l’expérience tragique  de l’année dernière, ne saurait en supporter une autre plus délétère que la première. Trêve de frilosité donc!

L’annulation de la fête ne peut émaner que du souci de prémunir notre pays de problèmes dont il peut bien se passer, à un moment où le Souverain ne ménage aucun effort pour mener le navire
dans des eaux clémentes et tranquilles. Certes, la fête nous tient tous à cœur, puisqu’elle est au cœur de nos pratiques en tant que croyants, mais la lucidité et le bon sens doivent rester de mise. C’est la fête qu’on doit sacrifier cette année, et pas autre chose, si l’on veut éviter le pire.

 

Leave a comment

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More