L’Agence judiciaire du Royaume (AGR), bras juridique de l’État marocain dans les litiges contentieux et les affaires financières, amorce une transformation numérique d’envergure. Avec plus de 50 000 pièces traitées chaque année, l’infrastructure actuelle montre ses limites face aux besoins d’interopérabilité, de sécurité et de rapidité de traitement. Dans ce contexte, une consultation a été lancée pour choisir un prestataire chargé de refondre le système d’information. Cinq cabinets spécialisés sont en lice pour mener à bien ce projet stratégique.
Une infrastructure à moderniser
Le volume de contentieux gérés par l’Agence nécessite une architecture documentaire robuste, capable d’absorber la complexité des dossiers, d’assurer la traçabilité des échanges et de garantir la conformité réglementaire. Le système actuel, conçu pour une activité moins volumineuse et plus centralisée, freine les flux d’informations entre les directions régionales, les juridictions et les ministères concernés. L’enjeu de cette refonte consiste à concevoir une plateforme agile, sécurisée et évolutive, intégrant des modules de gestion électronique des documents, de suivi des procédures, et de collaboration interinstitutionnelle.
Cinq cabinets pour une mission critique
La consultation a mobilisé des acteurs reconnus dans le domaine du conseil en transformation numérique : Artemis Digitalisation, IT Consulting, KPMG Maroc, Nevolys Consulting et SIS Consulting. Chaque cabinet présente une approche spécifique, alliant technologies de gestion documentaire, expertise juridique et solutions d’interconnexion. Le choix final prendra en compte la pertinence de l’architecture proposée, la capacité d’adaptation aux besoins de l’AJR, le coût total du projet et les garanties en matière de cybersécurité. Cette diversité d’offres témoigne d’une prise de conscience du caractère critique de la mission confiée à l’agence.
Gouvernance et interopérabilité
La réussite de cette refonte passe par une gouvernance claire, pilotée en concertation avec les responsables de l’AJR et les parties prenantes institutionnelles. Le futur système devra répondre aux normes de protection des données, notamment dans les affaires sensibles touchant aux intérêts financiers de l’État. Par ailleurs, l’interopérabilité avec les plateformes des ministères de l’Économie, de la Justice et de l’Intérieur sera déterminante pour fluidifier le traitement des contentieux transversaux. Ce chantier s’inscrit ainsi dans une logique de réforme de l’administration publique, où le numérique devient levier d’efficacité, de transparence et de redevabilité.
La refonte du système d’information de l’Agence judiciaire du Royaume illustre le virage numérique que prend l’administration marocaine dans ses fonctions régaliennes. En structurant une base technologique moderne pour la défense des intérêts de l’État, l’AJR prépare les conditions d’une action publique plus fluide, plus coordonnée et plus sécurisée.
















