En marge des assemblées générales de l’OMPI à Genève, le Maroc a franchi un nouveau cap dans sa politique de préservation culturelle en concluant un accord stratégique avec l’organisation internationale. Cette coopération vise à consolider le système national de propriété intellectuelle, à améliorer la protection juridique des œuvres et à affirmer la place du patrimoine marocain sur la scène mondiale. À travers ce protocole, le Royaume confirme sa volonté de conjuguer innovation juridique, valorisation immatérielle et rayonnement culturel.

Modernisation du cadre juridique et élargissement des protections

La signature de ce protocole par le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohammed Mehdi Bensaid, et le directeur général de l’OMPI, Daren Tang, marque une étape décisive dans l’adaptation du droit marocain aux standards internationaux. Le texte prévoit l’intégration de nouveaux concepts juridiques, tels que le droit de suite et le droit de copie, dans le système national à travers WIPOCONNECT, plateforme numérique développée par l’OMPI. Il vise également à renforcer les capacités du Bureau marocain des droits d’auteur dans ses missions stratégiques, notamment la protection des œuvres culturelles traditionnelles et la gestion des droits numériques dans un environnement technologique en mutation.

Le Maroc bénéficie déjà d’une reconnaissance croissante au sein du système multilatéral, avec l’enregistrement de plusieurs éléments patrimoniaux, dont le caftan et le zellige, désormais protégés juridiquement au niveau international. Ce mouvement de formalisation vise à prémunir le pays contre les risques de spoliation culturelle et à affirmer la souveraineté sur ses expressions identitaires. La promotion du Label Maroc devient ainsi une composante essentielle de cette stratégie de valorisation.

Coopération internationale et repositionnement stratégique

Au-delà de l’enjeu technique, l’accord signé à Genève exprime une ambition politique plus large. Il s’inscrit dans une logique de diplomatie culturelle, où le Maroc cherche à se repositionner comme un acteur référent dans la gouvernance mondiale des biens immatériels. La participation du Royaume aux travaux de l’OMPI aux côtés de plus de 1 000 délégués et de quarante ministres témoigne de cette volonté d’ouverture, fondée sur l’écoute des tendances innovantes et l’intégration des technologies émergentes dans les politiques nationales.

Mohammed Mehdi Bensaid a souligné l’importance de cette synergie avec l’OMPI, en affirmant que la transformation du secteur culturel repose désormais sur une expertise spécialisée, une veille stratégique et une adaptation rapide aux mutations du marché. Dans un contexte marqué par l’irruption de l’intelligence artificielle dans les industries créatives, cette collaboration permettra de renouveler les compétences du BMDA et d’accompagner la modernisation du droit d’auteur marocain dans sa dimension internationale.

L’accord signé entre le Maroc et l’OMPI consacre une dynamique de réforme juridique et de valorisation patrimoniale, où la propriété intellectuelle devient un levier stratégique de développement. En investissant dans la protection de son héritage culturel, le Royaume affirme son identité tout en consolidant sa place dans l’économie créative mondiale.

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